Le ministre des Droits humains de la RDC, Samuel Mbemba, lors d'un point de presse, à Kinshasa. Photo : © tiers
Deux importantes instances de la communauté africaine ont reconnu le « génocide » commis en République démocratique du Congo, sur fond d’un conflit trentenaire qui secoue sa partie orientale. Le gouvernement congolais, qui a annoncé cette décision, salue ce qu’il considère comme une « victoire diplomatique » face à l’agression.
Lors d’un point de presse tenu ce lundi 10 novembre à Kinshasa, le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, a présenté les documents reconnaissant officiellement la qualification de « génocide », attribuée au conflit pérenne dans l’est de la RDC. Ces documents ont été publiés notamment par la Société civile africaine et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples.
Dans un extrait de communiqué lu par le ministre, la Société civile africaine a recommandé à la Commission aux droits de l’homme et des peuples « d’adopter une résolution reconnaissant et condamnant les violations graves et massives des droits de l’homme et les crimes internationaux en RDC, y compris le ‘génocide’ ».
En réponse, la Commission a adopté une résolution affirmant que « des actes de génocide » ont bel et bien été commis en RDC. Cet organe continental s’est appuyé sur des rapports internationaux, dont le rapport Mapping, documentant les crimes et violations graves perpétrés par des acteurs armés nationaux et étrangers sur le territoire congolais entre 1993 et 2003.
« Il n’y a plus de doute, le combat conçu et initié par le président de la République a produit un effet. (…) Le génocide est reconnu, les auteurs sont condamnés, et des recommandations sont faites à l’Etat congolais, de travailler dans le sens que ces auteurs soient punis », s’est réjoui Samuel Mbemba.
Désigné sous l’acronyme « Genocost », pour signifier « génocide commis en RDC pour des gains économiques », le « génocide congolais » est au centre des efforts récemment déployés par le gouvernement sur le plan international.
Lors de son discours du 23 septembre dernier à la tribune de l’Assemblée générale des Nations-Unies, le président Félix Tshisekedi a appelé à la « reconnaissance » du génocide dans l’est du pays, afin de « contribuer à la paix mondiale ».
« J’adresse à cette assemblée un appel solennel : reconnaissez le génocide congolais. Soutenez notre combat pour la vérité et la justice et aidez-nous à bâtir enfin une paix durable au cœur de l’Afrique », a-t-il lancé.
Félix ISSA / Mongongo News
