Encore un naufrage de trop. Dans la nuit du mercredi 10 septembre dernier, une pirogue motorisée a sombré au confluent des rivières Nsolo et Maringa dans le territoire de Basankusu, en province de l’Équateur. Le bilan est tragique : plus de 100 morts, dont une majorité d’élèves. Une fois de plus, les eaux Congolaises deviennent le théâtre d’un drame évitable.
Ce drame survient à peine cinq mois après le naufrage d’avril dernier sur le fleuve Congo, qui avait coûté la vie à plus de 80 personnes. Et pourtant, la coalition Lamuka et le parti ADDCongo avaient déjà tiré la sonnette d’alarme. Rien n’a changé. Pire encore : selon les statistiques compilées, plus de 600 Congolais ont péri par noyade depuis le début de l’année, une centaine de vies sont englouties par les eaux.
Les causes sont connues, répétées, et scandaleusement ignorées :
– Surcharge des embarcations ;
– Navigation nocturne interdite mais tolérée ;
– Absence de gilets de sauvetage ;
– Commissaires fluviaux corrompus, souvent nommés pour leur loyauté politique plutôt que leur compétence,…
Joint depuis Kinshasa par Mongongonews, Prince Epenge, porte-parole de Lamuka et président du parti ADD Congo, ne mâche pas ses mots : «Il est temps que le ministre des Transports rende des comptes. S’il ne peut garantir la sécurité des citoyens, qu’il démissionne. ».
Lamuka et ADD Congo exigent :
– Des explications claires du ministre des Transports ;
– L’indemnisation immédiate des familles des victimes ;
– Une réforme profonde du secteur des transports, en particulier fluvial ;
– La fin des nominations politiques dans les postes techniques ;
– L’application stricte de la législation sur la navigation nocturne.
Ce naufrage n’est pas une fatalité. Il est le reflet d’un système qui laisse mourir ses enfants dans l’eau pendant que les responsables détournent le regard. Le Congo mérite mieux. Ses rivières ne doivent plus être des cimetières.
Etienne Mosengo
