Copie de diplôme d'Etat. Photo-archives 2010 © droits tiers
La session 2025 de l’Examen d’État (Exetat) marque le début d’une transformation profonde du système de gestion des épreuves officielles en République démocratique du Congo. Cette réforme s’inscrit dans une vision ambitieuse de modernisation numérique, allant de l’enregistrement des candidats à la délivrance électronique des diplômes.
La transition repose, selon le ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, sur plusieurs projets stratégiques, notamment la numérisation des inscriptions, la décentralisation de la correction des copies, l’intégration de la technologie blockchain pour garantir l’authenticité des diplômes, ainsi que l’introduction de l’intelligence artificielle pour assister le processus de correction. Une révolution qui vise l’éradication de la fraude de documents.
« En tant que Ministre, ma priorité a toujours été de garantir l’équité pour chaque élève et la crédibilité de notre système éducatif, non seulement à l’échelle nationale, mais aussi internationale (…) La fraude aux diplômes est un fléau que nous avons décidé d’éradiquer », a déclaré Raïssa Malu, ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, dans une note d’information du 27 juillet 2025.
Grâce à la technologie blockchain et à la plateforme E-Diplôme, les lauréats peuvent désormais accéder à leurs attestations dès la publication des résultats, via le portail Diplome.cd mis en place par le ministère.
« Chaque titre académique est désormais infalsifiable, traçable et disponible à vie. Un simple QR code ou lien sécurisé permet aux universités, ambassades et employeurs de vérifier instantanément l’authenticité d’un diplôme », a précisé la ministre.
L’intelligence artificielle, introduite dans le processus de correction sous la haute supervision de correcteurs humains, constitue également une innovation notable. L’outil baptisé S-Note Manager permettra aux inspecteurs de l’EDU-NC de corriger les copies plus rapidement tout en assurant des résultats cohérents et fiables.
Par ailleurs, Raïssa Malu annonce le transfert progressif des compétences de correction des examens vers les provinces, un processus autrefois centralisé à Kinshasa. Dans cette logique de décentralisation, deux premiers centres de scannage ont ainsi été ouverts à Mbuji-Mayi (Kasaï Oriental) et Lubumbashi (Haut-Katanga), permettant de réduire les délais de correction de 30 à 40 %, tout en garantissant la fiabilité et la traçabilité des résultats.
Félix ISSA / Mongongo
