Désinfection d'un prestataire de la riposte dans un centre de traitement de la maladie à virus Ebola en RDC. Photo : © OMS.
Les forces vives du territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, expriment de vives inquiétudes face à ce qu’elles qualifient de « légèreté » de la part des acteurs impliqués dans la riposte contre l’épidémie d’Ebola, qui sévit encore dans la région. Elles sont sorties de leur silence au terme d’une réunion d’évaluation de la situation sanitaire tenue ce vendredi à Lubero-Centre.
Dans une déclaration publiée ce 2 octobre, la société civile accuse notamment le gouvernement congolais de « délaisser une population meurtrie par la guerre », mais également « d’exposer [les vies, NDLR] des professionnels de la santé ». Selon elle, les équipes de riposte travaillent comme bénévoles malgré les fonds mobilisés, tandis que les postes de santé font face à un besoin urgent de matériels et d’intrants nécessaires à la prise en charge des cas.
« Les structures sanitaires du territoire de Lubero, dans les zones de santé considérées comme rouges, à l’instar de celles de Musienene, Lubero, Manguredjipa, Biena, Masereka, etc., accusent un manque criant de kits médicaux indispensables pour combattre cette épidémie », indiquent les acteurs de la société civile dans une déclaration parvenue à Mongongo News.
Les activistes dénoncent également une réponse qu’ils jugent « purement politique », mise en place sans résultats palpables sur le terrain. Ils recommandent un changement de méthode, notamment en permettant aux partenaires du gouvernement de travailler directement avec les zones de santé et les structures communautaires. Une approche qui, selon eux, contribuerait à lutter contre les détournements des fonds alloués à la riposte et à améliorer l’efficacité des interventions.

Cette structure citoyenne appelle les autorités à prendre leurs responsabilités afin d’éradiquer la maladie, notamment en mobilisant des moyens suffisants en faveur des structures médicales et en instaurant un contrôle rigoureux ainsi qu’une évaluation régulière des opérations sur le terrain. Elle invite également les partenaires du gouvernement à suivre de près les interventions.
Elle exhorte par ailleurs la population à prendre conscience de l’existence et du danger que présente l’épidémie, à respecter les mesures barrières édictées par les autorités sanitaires, à signaler les malades évadés et les groupes de résistance, et à barrer la route à la désinformation.
L’épidémie d’Ebola, liée à la souche de Bundibugyo, continue de faire des ravages en RDC, notamment dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de la Tshopo et ailleurs. Selon les chiffres les plus récents publiés par les autorités, plus de 8 220 cas d’infection ont été signalés depuis la résurgence de la maladie, en mai dernier, dans sept provinces. Le bilan fait également état de 3 982 décès, tandis que 851 patients sont hospitalisés.
Le gouvernement affirme renforcer la riposte contre la maladie à travers des campagnes massives de sensibilisation de la population, notamment dans les écoles et les espaces religieux, l’accompagnement des familles et des personnes guéries, ainsi que la formation des prestataires de santé.
Mongongo News
