Le phénomène « ADF » revient du jour au lendemain au sommet des inquiétudes sécuritaires dans l’Est de la République démocratique du Congo. Ces terroristes affiliés à l’État Islamique, sont accusés des massacres sans répit des civils, dont la dernière en date ont été commis à Ntoyo dans le territoire de Lubero, et à Fotudu et Avey dans le territoire de Beni, faisant au moins 89 morts, aux côtés des blessés, des disparus et des maisons et véhicules incendiés en l’espace de 24 heures.
Au lendemain de ces massacres, des critiques sont acerbes à l’encontre des gouvernants, qui n’arrivent toujours pas à éteindre la résurgence « virulente » de cette tragédie humaine. Le parti politique Démocratie chrétienne fédéraliste-Nyamwisi (DCF-N) ne comprend toujours pas dans une déclaration du Directoire national rendue publique le 10 septembre, l’indifférence nationale et internationale face à ces massacres en cascades des populations.
« […] les populations de l’Est font face à des scènes de violences d’une atrocité extrême qui durent, et qui continuent de décimer les vies dans une indifférence injustifiée », déplore le Directoire de la DCF-N.
Parmi les cibles de la DCF-N, dirigée par Simon Kazungu, les députés provinciaux que le parti appelle à « soutenir les efforts des autorités provinciales » allant dans le sens de mieux les populations, plutôt que d’adopter « une posture d’opposition motivée par leurs intérêts personnels », en exerçant une certaine pression sur les gouvernants, « qui endurent les dures épreuves pour tenter d’affirmer l’autorité de l’État ».
Le parti de Simon Kazungu regrette que ces terroristes aient multiplié les massacres au lendemain des initiatives d’évaluation des opérations militaires conjointes « Shujaa » menées par les FARDC-UPDF, et les permutations opérées au niveau du commandement des opérations dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. La DCF-N voit en cette posture des ADF, l’intention manifeste de saboter les efforts consentis par les autorités à différents niveaux.
Exprimant sa compassion aux victimes de massacres, la Démocratie chrétienne fédéraliste-Nyamwisi dit rester solidaire avec les populations de l’Est, qui composent avec une série de violences multiformes « d’une atrocité extrême », qui continuent de décimer et faucher des vies.
La Déclaration du Directoire national de la DCF-N sollicite auprès du Parlement, l’affectation des ressources « conséquentes » pour non seulement la prise en charge de toutes ces populations meurtries, mais aussi et surtout, l’accompagnement des provinces prises en étau par ces crises sécuritaires.
Tout en appelant le Gouvernement congolais à mobiliser la Nation autour de ces massacres de l’Est à l’image des mobilisations lors des rencontres sportives et la question du M23-AFC, dans le souci d’engager le peuple dans un élan d’unité et de solidarité nationale, la DCF-N alerte la communauté internationale sur les crimes contre l’humanité, et l’appelle à initier des enquêtes internationales pour suppléer les efforts des autorités nationales.
Rappelons ici que 64 victimes de massacre des Forces démocratiques alliées (ADF) ont été enterrés mercredi à Ntoyo dans le territoire de Lubero, sous une forte pluie et émotion des familles et connaissances.
Guerschom M
