Illustration : Jean Pierre Bemba, VPM/RDC Transports & V.C vs Mgr Donatien Nshole, SG CENCO
« C’est au nom de la paix que la même Eglise catholique avait demandé à Bemba de ne pas s’engager dans un conflit armé post-électoral, conflit qui a fait plus de 200 morts dont les enfants en uniforme en 2007, en pleine ville de Kinshasa ». Ce rappel est contenu dans un communiqué de mise au point de la CENCO, publié le 5 décembre 2024 en réponse aux propos menaçants tenus par le vice-premier ministre, ministre des Transports, Jean Pierre Bemba Gombo, lors d’une émission mercredi.
Kinshasa, vendredi 6 décembre 2024. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) sort de son silence et déplore des « propos belliqueux et truffés de contrevérités » tenus mercredi 4 décembre dernier contre l’Eglise catholique par le vice-premier ministre aux Transports et Voies de communication, Jean Pierre Bemba. Au cours de cette interview diffusée sur la radio Top Congo, lors de laquelle nombre d’observateurs pensent qu’il a carrément tapé à côté, Bemba s’est attaqué avec virulence aux chefs des confessions religieuses, dont les évêques catholiques, qui se montrent visiblement critiques ces derniers temps envers le régime en place.
Dans son discours, mercredi, le vice-premier ministre en charge des Transports a reproché les « responsables politiques des confessions religieuses » de tenir des propos incendiaires qui n’amènent pas la population congolaise à rechercher la paix et l’unité, particulièrement dans un contexte où la RDC « est attaquée ». D’après Jean Pierre Bemba, ces hommes qu’il désigne métaphoriquement comme « politiciens en costume et en robe » tiennent souvent des discours « pour soulever la jeunesse, soulever la population ».
En réponse, dans sa mise au point, la CENCO dit avoir « apprécié le fait que le VPM [Bemba] rappelle la mission des hommes de Dieu de rassembler tous les fils et filles de la RDC, de parler de la Paix et de l’unité ». Mais, ajoute le document, « la question fondamentale est celle de savoir comment lui et ses alliés ont-ils accueilli les multiples appels de la CENCO, ces dernières années, au respect des principes démocratiques et des droits de l’homme, à la transparence du processus électoral, à l’organisation des concertations des représentants des forces politiques et de la société civile afin de renforcer la cohésion nationale et d’affronter ensemble les défis sécuritaires ? »
« N’est-ce pas au nom de la même paix sociale que la CENCO demande, dans les circonstances actuelles, de ne ni réviser, ni changer maladroitement et imprudemment la Constitution ? C’est toujours au nom de la paix que la même Eglise catholique avait demandé à Bemba de ne pas s’engager dans un conflit armé post-électoral, conflit qui a fait plus de 200 morts dont les enfants en uniforme en 2007, en pleine ville de Kinshasa », remémore Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la Conférence des évêques congolais, qui se pose ensuite la question de savoir « où trouve-t-on la haine dans les messages de l’Eglise catholique ? Nous réclamons les preuves tangibles ».
Cet organe ecclésiastique rappelle, par ailleurs, que « aimer quelqu’un ne signifie pas applaudir même ses erreurs ». À cet égard, la CENCO exprime son souhait de voir l’ancien chef rebelle et président du Mouvement de libération du Congo (MLC) se souvenir que « l’Eglise qu’il vilipende avec dédain depuis quelque temps est la même dont il avait bénéficié de deux précieuses visites pendant qu’il était en prison à La Haye ».
Dossier 47 millions de dollars accordés à l’Eglise catholique
Dans la même mise au point, la CENCO revient sur la question soulevée par le VPM Bemba, d’un million de dollars que le gouvernement, sur instruction du président de la République Félix Tshisekedi, « a accordé à chacun des 47 diocèses » de l’Eglise du Congo, pour la construction des œuvres caritatives et de développement. La Conférence déplore ce qu’elle qualifie de « contrevérités » avancées par l’homme d’Etat, et appelle ce dernier, « au nom de la sagesse élémentaire », de « s’informer davantage avant de prendre publiquement la parole ». « Nous sommes affligés de constater que Monsieur Bemba ne maitrise pas le dossier des projets financés par le trésor public, à la demande du Chef de l’Etat », s’indigne Mgr Nshole.

Alors que « le rythme de financement n’a pas été respecté dans tous les diocèses, certains chantiers, très avancés, sont restés inachevés », indique le Chapelain du Pape François. Et d’ajouter qu’ « à ce jour, une autre tranche de 300.000$ est annoncée. Elle permettra de continuer l’exécution des projets, réalisés avec beaucoup de sacrifices, en dépit d’énormes difficultés de transaction et de transport ».
« Quant à nous, sans faux fuyant, nous sommes prêts à recevoir l’IGF (NDLR : l’Inspection générale des finances) pour vérifier toute la comptabilité. La CENCO avait dès le début, prévenu les gestionnaires locaux de ces projets qu’elle ne couvrirait personne en cas de malversations financières », indique le secrétaire général de la CENCO. Ce prélat catholique demande « au VPM Jean Pierre Bemba de rendre publiques les preuves de ses allégations de 1000.000$ mis à la disposition de chaque diocèse ». « De la même manière, nous continuons d’attendre patiemment celles de la prétendue collaboration qu’il avait insinuée, sans froid aux yeux, de notre mission d’observation avec les Russes pour pirater le serveur de la Ceni », poursuit-il.
En fin, la CENCO dit remercier les gouvernants, particulièrement le président de la République, d’avoir fait confiance à l’Eglise catholique en demandant au gouvernement de lui octroyer les moyens financiers lui permettant de réaliser les œuvres sociales à impact visible, jusque dans les coins les plus reculés du pays. « Quiconque croit que cet argent a été donné à l’Eglise pour acheter son silence et étouffer sa mission prophétique se trompe lourdement », conclut Mgr Donatien Nshole.
Mongongo

Il est important de souligner que la position de l’Église catholique sur la question de la révision constitutionnelle ne devrait pas nécessairement lier les choix et les actions des membres de l’UDPS.
Chaque parti politique a le droit et la responsabilité de défendre ses propres convictions et positions politiques, indépendamment des prises de position de l’Église catholique.
De plus, il est crucial de prendre en compte les spécificités de chaque situation politique et de ne pas nécessairement comparer les actions passées du FCC avec celles de l’UDPS
Il est également essentiel de reconnaître que la société congolaise est confrontée à diverses crises politiques et sociales, et que la réponse à ces défis nécessite une approche holistique et inclusive, prenant en compte les perspectives et les besoins de tous les citoyens.
Allez-y vite comprendre que : Suivre aveuglément la position de l’Église catholique sans une analyse critique des enjeux politiques et sociaux actuels pourrait limiter la capacité des citoyens à exercer pleinement leur droit à la libre expression et à la participation politique.