Illustration : Photo-archives. © Droits tiers
Le militant pro-démocratie Anelka Mwanya, membre actif du mouvement citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA), s’est insurgé contre la récente initiative du gouvernement provincial du Nord-Kivu, dirigé par le gouverneur militaire Évariste Kakule Somo, portant sur l’opération dite « armes à feu et munitions contre récompense ».
Selon cette mesure officielle, chaque détenteur illégal d’une arme de type AK-47 se verrait remettre 100 dollars américains, 200 dollars pour une arme d’appui, et 1 dollar par munition rendue volontairement. Une annonce qui a immédiatement suscité de vives critiques au sein de la société civile.
Dans une déclaration ferme, Anelka Mwanya estime que cette démarche constitue une réponse inappropriée à un problème à la fois grave et profond.
« Comment peut-on manquer de moyens pour assister les déplacés et les victimes de massacres, mais trouver de l’argent pour récompenser ceux qui, parfois, ont semé la terreur ? », s’interroge-t-il.
Le militant dénonce ce qu’il considère comme une prime à l’impunité, rappelant que les détenteurs d’armes illégales sont souvent responsables de violences graves, d’actes de banditisme, voire de meurtres. Il s’inquiète également du message que cette mesure pourrait envoyer à la population.
« Cela risque d’encourager d’autres à se procurer des armes dans l’espoir d’une future récompense », prévient-il.
Anelka Mwanya plaide plutôt pour une stratégie de désarmement ferme, assortie d’un ultimatum clair, suivie d’une traque rigoureuse des fauteurs de troubles et d’une réaffirmation de l’autorité de l’État. Pour lui, « il ne peut y avoir de compromis avec ceux qui ont choisi la voie de la violence ».
Le militant conclut en appelant le gouverneur à revoir sa copie et à consulter largement la société civile, les communautés locales et les forces vives avant d’appliquer une telle politique, qui, selon lui, pourrait produire l’effet inverse de celui recherché.
Draxler de Vigny
