La rentrée parlementaire, censée marquer le retour au débat budgétaire, s’est ouverte sur un fracas politique inattendu. Une série de pétitions, portées par des élus de la majorité, visent les présidents des deux chambres.
Au centre de la tourmente : Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, sommé de s’expliquer sur des questions de gestion interne. Face à la pression, il a choisi le pardon plutôt que l’affrontement. Un geste rare, mais qui ne suffit pas à calmer les remous.
Dans les provinces du Kivu, cette initiative fait l’effet d’un électrochoc. Les voix s’élèvent, les interrogations fusent. La pétition, déposée par le député national Chrispin Mbindule, élu de Butembo et membre du parti présidentiel, divise jusque dans les rangs du Nord-Kivu.

La réaction la plus marquante est venue d’Alain Nzeza, notable du terroir, qui s’est exprimé ce mardi 16 septembre, 24 heures après le dépôt officiel de la pétition. Pour lui, les députés pétitionnaires agissent dans le cadre légal : le règlement intérieur leur reconnaît le droit de contester un membre du bureau. Mais, il questionne l’opportunité politique et morale de cette démarche :
« Avec le traumatisme que nous subissons, fallait-il encore, pendant une session dite « budgétaire », lancer une telle initiative ? Je souligne que certains députés, pour des intérêts personnels, s’attaquent au bureau de l’Assemblée nationale. Parmi tous ces pétitionnaires, surtout ceux du Nord-Kivu, je n’ai vu aucun député demander la déchéance d’un membre du gouvernement, même pas du ministre de la Défense, malgré son incapacité à mettre fin à la guerre », regrette-t-il.
Alain Nzeza dénonce une forme de diversion politique, alors que le pays cherche désespérément des issues de paix à travers les pourparlers de Doha et Washington. Il juge inadmissible que des questions de soins médicaux ou de perdiem soient utilisées comme prétexte pour déstabiliser la présidence de l’Assemblée.
Dans un appel à la lucidité, Alain Nzeza invite Vital Kamerhe à anticiper les conséquences et à envisager un départ volontaire, dans la dignité, avant que les pétitionnaires ne le contraignent. Il rappelle que Kamerhe a déjà prouvé sa compétence, notamment dans la conduite des débats parlementaires.
Etienne Mosengo
