Des ex-délinquants ''Kuluna'' célèbrent l'achèvement de deux années de formation au centre du Service national de Kaniama Kasese. Photo-Archives, 12 avril 2024. Droits tiers.
En République démocratique du Congo, au moins six jeunes, anciens délinquants communément appelés « Kuluna » et aujourd’hui présentés comme des « bâtisseurs », ont été blessés lors des heurts survenus le 31 mars au centre d’encadrement et d’instruction de Kaniama Kasese, dans la province du Haut-Lomami. Cet incident, impliquant un élément des forces de sécurité, intervient alors que le président Félix Tshisekedi est attendu sur le site dans les prochains jours.
« Six blessés, dont deux grièvement », tel est le bilan avancé par le Service national dans un communiqué publié le 2 avril et consulté par Mongongo News. Selon les responsables du centre, les tensions ont éclaté sur fond de rumeurs liées à une supposée « prime » attendue par les jeunes encadrés, ainsi qu’au prolongement de leur durée de formation, suscitant un mouvement de colère.
« Ils se sont attaqués aux biens du centre, brisant des vitres et incendiant des matelas, avant de s’en prendre physiquement au commandant du site qui tentait de les calmer », précise le communiqué.
D’après les autorités, un militaire a fait usage de son arme à feu alors que des tentatives de rétablissement de l’ordre étaient en cours. L’auteur présumé a été interpellé puis transféré à l’Auditorat militaire de garnison de Kamina. Une enquête a été ouverte, à la demande du commandant du Service national, le général-major Kasongo Kabwik, afin d’établir les responsabilités dans cet incident.
Le centre de Kaniama Kasese est aujourd’hui considéré comme un pôle stratégique d’encadrement des jeunes en RDC, accueillant majoritairement d’anciens Kuluna ou des enfants en situation de rue. Il propose des formations dans plusieurs métiers, notamment l’agriculture, la maçonnerie et la menuiserie.
Situé à plus de 200 kilomètres de Kamina, ce site s’inscrit dans la politique de réinsertion socio-économique portée par les autorités. L’incident intervient dans un contexte particulier, alors que le chef de l’État pourrait y effectuer une visite prochaine.
Selon plusieurs sources concordantes, cette visite pourrait être marquée par le lancement d’une récolte de 40 000 tonnes de maïs, issue de la production des jeunes encadrés sur le site. Un volume inédit enregistré au cours des trois dernières années.
Mongongo News
