Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, et le ministre de la Justice, Constant Mutamba. Cérémonie de remise de fonds d'indemnisation aux victimes de la Guerre de Six Jours à Kisangani. © Ministère de la Justice RDC
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a pris acte de la démission du ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, officialisée dans une lettre datée du 18 juin 2025, adressée directement au chef de l’État.
Dans une correspondance d’accusé de réception datée du 19 juin, et relayée ce 24 juin par plusieurs sources concordantes, le directeur de cabinet présidentiel, Antony Nkinzo Kamole, a indiqué que la Première ministre Judith Suminwa a été invitée à « prendre les dispositions y afférentes pour assurer la continuité du service public et le bon fonctionnement du ministère ».
Constant Mutamba quitte le gouvernement dans un contexte judiciaire tendu, marqué par un scandale de détournement présumé de 19 millions de dollars alloués à un projet de construction d’une prison à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo.
Visé en préliminaire à l’Assemblée nationale par le Parquet général près la Cour de cassation, Mutamba a été déchu de ses immunités parlementaires le 15 juin, à la suite d’un vote largement majoritaire, permettant l’engagement de poursuites à son encontre.
Dans sa lettre de démission, un document de quatre pages, apparenté à une « bible de justifications », Constant Mutamba a dénoncé un « complot » dirigé contre lui, évoquant des menaces d’élimination physique, un empoisonnement présumé et la manipulation de réseaux qualifiés de « maffieux ». Il a également pointé du doigt le Rwanda, dans un contexte de tension persistante entre les deux pays.
« Ce complot ne vise pas seulement ma personne, mais cherche à désorganiser la riposte gouvernementale face à l’agression rwandaise », a-t-il écrit, faisant référence à des procès et poursuites qu’il affirme avoir engagés contre les hauts responsables de l’AFC/M23, la coalition rebelle active dans l’est du pays.
Mutamba a également énuméré les réformes judiciaires menées sous son impulsion, tout en affirmant sa disponibilité à se présenter devant la justice, en respect « de la Constitution et des lois de la République ». Entretemps, l’intérim est assuré par son adjoint, le vice-ministre en charge du Contentieux international, Samuel Mbemba.
Mongongo
