Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale - Coup de marteau à la clôture de la session parlementaire de mars 2025. Palais du Peuple © AN-RDC
À la clôture de la session parlementaire de mars 2025, dimanche 15 juin, le président de l’Assemblée nationale a de nouveau condamné le conflit qui continue de ravager l’est du pays, attisé par le groupe rebelle AFC/M23, soutenu par le Rwanda.
Vital Kamerhe a décrit avec gravité la détresse sociale des populations touchées, notamment les agents et fonctionnaires de l’État basées dans la zone. Devant les deux chambres parlementaires, il a réitéré son plaidoyer en faveur de leur prise en charge par les pouvoirs publics.
« Nous plaidons encore une fois, en nous tournant vers le président de la République, madame la Première ministre et l’ensemble du gouvernement, pour que les salaires des fonctionnaires et des agents des entreprises publiques dans les territoires sous occupation soient versés de manière régulière », a déclaré le speaker de la première chambre.
Tout en appelant la nation à « prier » pour ces populations, « confrontées à une véritable tragédie », le président de l’Assemblée nationale a mis en garde contre la tentation d’utiliser le contexte de guerre comme « alibi pour leur infliger une double peine ». Il a rappelé que dans des circonstances similaires dans le passé, des mesures avaient été prises pour éviter un tel abandon.
« Nous l’avions fait à l’époque de l’occupation ougando-rwandaise. Alors que plus de six rébellions contrôlaient les trois quarts du pays, les salaires étaient tout de même payés », a-t-il souligné.
Depuis près de cinq mois, les institutions financières et bancaires ont cessé de fonctionner dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, conséquence des offensives lancées fin janvier 2025 par le M23 sur plusieurs villes stratégiques, dont Goma et Bukavu. Cette paralysie a engendré une crise socio-économique et humanitaire aiguë dans cette partie du pays.
Nombre d’agents publics et de travailleurs des entreprises de l’État restés sur place se retrouvent désormais sans aucune ressource pour assurer leur subsistance.
Fin février, la Première ministre Judith Suminwa avait indiqué, en Conseil des ministres, que la question avait été abordée lors de la réunion du Comité de conjoncture économique du 19 février 2025, élargie aux dirigeants des banques, régies financières, entreprises publiques et organismes opérant dans les zones concernées.
Cette rencontre visait à examiner les modalités concrètes de paiement des salaires des fonctionnaires et des primes des militaires en opération, non seulement dans les deux provinces affectées, mais aussi dans les localités environnantes.
Mongongo
