Judith Suminwa Tuluka, première ministre de la République démocratique du Congo.
Quarante-et-un ans après son dernier exercice de comptage national, le gouvernement de la République démocratique du Congo a procédé jeudi 17 avril au lancement des travaux cartographiques préalables au deuxième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2).
La Première ministre Judith Suminwa Tuluka, qui a conduit la cérémonie, a salué un moment « historique » pour le pays, le tout dernier recensement général réalisé au pays remontant à 1984. « Je me réjouis bien entendu en tant que cheffe du Gouvernement, mais aussi comme ancienne ministre du Plan, que ce projet connaisse une telle évolution », a-t-elle déclaré.
Car la RDC souffre depuis des décennies d’un manque criant de données fiables. Une réalité que déplore également Elysée Chovu Alima, directrice générale de l’Institut national de la statistique (INS). « Cela fait plus de 40 ans que la RDC n’a plus caressé le rêve de réaliser un nouveau recensement », a-t-elle souligné. Et de rappeler : « Les statistiques fiables sont indispensables à la conception, au suivi et à l’évaluation des politiques publiques ».
La cartographie censitaire engagée vise à découper le territoire national en aires de dénombrement, chacune confiée à des agents recenseurs. Au-delà de l’aspect technique, le recensement s’inscrit dans une vision stratégique impulsée par le président Félix Tshisekedi, qui en avait souligné l’urgence lors du 130e Conseil des ministres.
Judith Suminwa n’a pas manqué de souligner les défis sécuritaires qui pèsent sur certaines zones du pays, notamment à l’Est, où les violences du M23, soutenu par le Rwanda, compromettent la couverture territoriale complète.
« En dépit de l’agression injuste dont notre pays est victime, le gouvernement reste déterminé à mettre en œuvre son programme d’action. Cette détermination demeure sans faille », a-t-elle martelé avec fermeté.
Enfin, la Première ministre a lancé un appel à l’unisson à l’ensemble des partenaires techniques, financiers, autorités locales et citoyens. « Mon souhait le plus ardent est que ces travaux se poursuivent sans embûches ni blocages d’aucune nature, jusqu’à la publication et la dissémination des résultats », a-t-elle conclu, soulignant que ce recensement constitue un pilier essentiel du développement durable.
Mongongo
