Pirogues de pêche sur la rive congolaise du lac Edouyard. Nord-Kivu. (©Merveille K/GPJ)
À l’occasion de la Journée nationale du poisson, célébrée ce 24 juin en République démocratique du Congo, l’organisation Badilika Droits Humains, basée dans la province du Nord-Kivu, tire la sonnette d’alarme face à la dégradation massive de la biodiversité du lac Édouard et aux violations environnementales persistantes, dues à des activités de pêche clandestines et illicites.
Dans un message d’alerte publié ce mardi 26 juin, la structure de défense des droits humains dénonce des pratiques qui mettent en péril les ressources halieutiques du lac, vitales pour la survie de milliers de ménages congolais tributaires de la pêche artisanale.
« Cette impunité est aggravée par la corruption généralisée de certains agents de l’État présents dans les zones lacustres, qui ferment volontairement les yeux sur la fabrication et la circulation d’embarcations de pêche non conformes, ainsi que sur le commerce illégal de filets prohibés, facilité par un réseau mafieux agissant en connivence avec certaines autorités locales », déplore Badilika Droits Humains.
Le lac Édouard, partagé entre la RDC et l’Ouganda, est devenu un espace d’insécurité où, selon l’organisation, des groupes armés comme le M23 et des miliciens Wazalendo fournissent protection et assistance aux pêcheurs illégaux, moyennant des pots-de-vin.
Badilika s’oppose également à tout projet d’exploitation pétrolière dans le bassin du lac Édouard. « Le projet de vente des blocs pétroliers constitue une menace directe pour l’écosystème lacustre et la vie de millions de Congolais », alerte l’organisation.
Mongongo
