Illustration : Vue sur une partie de l'aéroport de Ndjili, à Kinshasa (RDC). Photo : © droits tiers
En République démocratique du Congo, un contrat de partenariat récemment signé entre le gouvernement et une société privée est au centre de débats controversés. Détail qui agace : une clause prévoyant une « redevance de sécurité » de 30 dollars américains, que les compagnies aériennes doivent désormais facturer à chaque passager de vol international, tant à l’arrivée qu’au départ. Soit un total de 60 dollars pour un aller-retour.
Selon le document consulté par Mongongo News, le contrat prévoit « le financement, la construction et la maintenance des systèmes de sécurité de l’aviation civile, ainsi que la gestion et le contrôle des passagers ». Il inclut également la formation des agents de la DGM (Direction générale des migrations) affectés à ces services.
Les vice-premiers ministres en charge de l’Intérieur et des Transports, Jacquemain Shabani et Jean-Pierre Bemba, sont mis en cause dans ce qu’on présente comme une « taxe supplémentaire », en plus du « Go Pass » de 55 dollars prélevé par la RVA sur chaque passager pour la réhabilitation des infrastructures aéroportuaires. Mais, cette accusation est rejetée par le ministère de l’Intérieur.
Contacté mardi 4 novembre par l’Agence congolaise de presse (ACP), un responsable du ministère a affirmé que le gouvernement n’avait instauré aucune nouvelle taxe et a qualifié les accusations de « fausses » et propagées par des « ennemis de la République ». Selon lui, la redevance contestée existait déjà au sein de la DGM et de la RVA.
« Il s’agit d’une redevance sécuritaire perçue par les compagnies aériennes opérant en RDC sous code IATA. Les passagers nationaux ne paient pas cette redevance. Les voyageurs internationaux n’auront pas de supplément. Cette redevance (…) a toujours été intégrée au prix du billet par l’IATA et sera désormais gérée par une société digitale pour une meilleure traçabilité. Le système sera déployé dans les aéroports internationaux, les postes frontaliers et les ports », a clarifié la source.
Pour de nombreux Congolais, qu’il s’agisse d’une « taxe » ou d’une « redevance », c’est la population qui en supportera finalement le coût, plusieurs redoutant une répercussion directe sur le prix du billet d’avion.
Autre point sensible du contrat : la répartition des revenus issus de cette redevance. Selon l’article 38.2 du contrat, l’État congolais percevra 15 % des recettes, tandis que les 85 % restants reviendraient à la société américaine Securiport LLC. Un partage contesté par certains analystes congolais.
Mongongo
