Dr Denis Mukwege Gynécologue congolais et Prix Nobel de la Paix 2018 © Droits tiers
Le docteur Denis Mukwege s’est dit profondément préoccupé par les soupçons de détournement de fonds destinés à la réparation et à l’indemnisation des victimes de la guerre de Kisangani (1999-2000). Ces fonds, versés par l’Ouganda à la République démocratique du Congo (RDC) à la suite d’un arrêt de la Cour internationale de Justice (CIJ) en 2022, auraient été en grande partie « siphonnés« , selon une enquête récente du Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL).
Dans une déclaration rendue publique le 1er octobre, à l’occasion du 15ᵉ anniversaire du Rapport Mapping – document qui recense les violences commises en RDC entre 1993 et 2003 – le Prix Nobel de la paix 2018 a appelé à une enquête indépendante pour faire toute la lumière et honorer la mémoire des victimes.
« Ces allégations doivent être examinées par la justice de manière indépendante afin d’éviter que la RDC ne soit perçue comme un État patrimonial et prédateur, insultant ainsi les victimes congolaises et la mémoire de millions de morts », a-t-il écrit dans une déclaration consultée par Mongongo News.
Selon le rapport du CREFDL publié le 24 septembre 2025, les ministres de la Justice qui se sont succédé entre 2022 et 2024 seraient impliqués dans des malversations financières liées à la gestion des fonds du FRIVAO (Fonds spécial de réparation et d’indemnisation des victimes des activités de l’Ouganda en RDC), organisme censé gérer ces ressources.
Sur les 325 millions USD de réparations ordonnés par la CIJ le 9 février 2022, Kampala aurait déjà versé 194,9 millions USD, dont 105 millions devaient être consacrés à l’indemnisation directe des personnes physiques. Mais d’après le CREFDL, à peine 2 millions leur seraient effectivement parvenus.
Mongongo
