Signature conjointe de la déclaration de principes pour la paix entre les MINAFET de la RDC et du Rwanda, autour du secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. 25/04/025. © Press/US State Dpt
La capitale américaine s’apprête à accueillir ce vendredi 27 juin 2025 un événement que d’aucuns qualifient déjà d’historique. Sous médiation des États-Unis, la République démocratique du Congo et le Rwanda signeront un accord de paix censé faire progresser la dynamique de stabilité dans la région des Grands Lacs.
Selon l’agenda officiel du Département d’État américain, consulté sur son site institutionnel, la cérémonie se tiendra à 13h30 (heure de Washington), soit 18h30 à Kinshasa. Elle réunira les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Thérèse Kayikwamba Wagner pour la RDC et Olivier Nduhungirehe pour le Rwanda. Les deux délégations sont déjà arrivées dans la capitale fédérale.
Dans un message publié sur X, Massad Boulos, conseiller Afrique et Moyen-Orient au département d’État, s’est félicité de cette avancée diplomatique.
« Une paix durable dans la région ouvrira la voie à de nouvelles opportunités commerciales, et le commerce transfrontalier pourra prospérer. La RDC, le Rwanda et l’ensemble de la région bénéficieront d’une intégration régionale renforcée et d’une croissance dans des secteurs comme les mines et les infrastructures », a-t-il écrit.
Un accord structuré sur fond de défiance
L’accord repose sur cinq engagements majeurs, définis dans un projet préliminaire paraphé le 18 juin dernier. Il s’agit entre autres du respect de l’intégrité territoriale et de la fin des hostilités, du désarmement et de l’intégration conditionnelle des groupes armés, de la mise en place d’un mécanisme conjoint de sécurité basé sur le CONOPS du 31 octobre 2024, la facilitation du retour des réfugiés et des déplacés internes, et enfin, la mise en place d’un cadre d’intégration économique régionale.
Mais derrière les sourires diplomatiques, les réserves demeurent. Alors que Kinshasa, qui insistait sur ses exigences, entre autres le « retrait immédiat » des troupes rwandaises de l’est congolais, semble baisser d’un ton, Kigali, qui évoque de son côté ses fameuses « mesures défensives », refuse d’envisager un retrait sans neutralisation préalable des rebelles rwandais des FDLR, selon des sources officielles rwandaises citées par Reuters.
« On ne trouve nulle part dans le projet d’accord de paix qui sera signé demain la mention ‘retrait immédiat des mesures défensives du Rwanda’. En réalité, les termes ‘Forces de défense rwandaises’, ‘troupes rwandaises’ ou ‘retrait’ n’apparaissent nulle part dans le document », a mentionné jeudi le ministre rwandais des Affaires étrangères.
Du côté américain, la prudence reste de mise. En conférence de presse, le porte-parole adjoint du département d’État, Tommy Piggot, a salué les avancées enregistrées mais a rappelé que « la paix sur le papier doit se traduire dans les faits ».
« Il s’agit d’une étape importante pour la paix dans la région des Grands Lacs et rappelle que la paix sur le papier doit être concrétisée sur le terrain. Comme l’a clairement indiqué le secrétaire, la mise en œuvre favorise les investissements économiques et la stabilité régionale que nous recherchons tous. Les États-Unis sont fiers de soutenir ces progrès durement acquis », a-t-il déclaré.
Si la signature est effective, une rencontre au sommet est prévue à la mi-juillet entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, à Washington, sous l’égide du président Trump. D’autres chefs d’État africains pourraient être conviés à ce sommet élargi consacré à la paix et à la coopération régionale.
Félix I. / Mongongo
