Les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda reçus par le président américain Donald Trump à la Maison Blanche. Photo : Droits tiers
Au lendemain de la signature de l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, sous facilitation américaine, la cheffe de la diplomatie congolaise, Thérèse Kayikwamba Wagner, est montée au créneau pour rassurer l’opinion publique. Aucune mention de vente ou de « bradage » des ressources minières n’apparaît dans le contenu de l’accord, affirme-t-elle.
Dans une interview accordée à la RTNC, la ministre des Affaires étrangères a précisé que l’accord signé le vendredi 27 juin à Washington DC est strictement « un accord de paix », sans disposition économique liée aux minerais.
« S’il y avait eu bradage ou s’il s’agissait de de vendre, comme certains le disent, nos ressources au prix de la paix, je pense que nous aurions commencé avec une séquence tout à fait différente. Nous aurions commencé justement à vendre. Mais ce n’est pas ce que nous avons fait, ce n’est pas ce que nous avons signé aujourd’hui », a-t-elle clarifié.
Réagissant aux spéculations venues de certains milieux politiques, Kayikwamba a insisté : « il n’y a aucune prévision sur les questions économiques ou sur les questions de minerais stratégiques ».
Et d’ajouter : « à ceux qui pensent que cette paix a été obtenue à travers un bradage de nos ressources, je dis ‘non’, ce n’est pas le cas. L’accord se concentre sur la paix, le rétablissement de l’autorité de l’Etat, la création de conditions propices pour une économie dynamique, chose que nous souhaitons pour nos compatriotes à l’est et pour tout le reste de la République démocratique du Congo ».
Face aux nombreuses interrogations, la ministre a également tenu à rappeler les priorités immédiates attendues de cet accord : le retrait des troupes étrangères, l’accès humanitaire sécurisé et la stabilisation des zones affectées par la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda.
« Ce que nous vivons à Goma, à Bukavu, à Walikale, à Masisi, à Rutshuru, est une situation qui a duré bien trop longtemps ; une insécurité qui a rendu l’accès humanitaire extrêmement difficile », a-t-elle déclaré.
L’accord signé vendredi par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, engage les parties à respecter l’intégrité territoriale, à œuvrer au désengagement et à l’intégration conditionnelle des groupes armés non étatiques, à mettre en place un mécanisme conjoint de sécurité basé sur le CONOPS du 31 octobre 2024, et à faciliter le retour des réfugiés et des déplacés internes. Il prévoit également un cadre d’intégration économique régionale.
Félix I. / Mongongo
