Réfugiés depuis janvier dernier dans la capitale Burundaise, un collectif de défenseurs des droits humains, originaires du Nord-Kivu a brisé le silence samedi 11 octobre. Dans une déclaration poignante, ils lancent un cri d’alarme face à ce qu’ils qualifient de « présumé détournement » de quatre millions de dollars, destinés à leur assistance humanitaire.
Ces fonds, alloués selon eux par le gouvernement congolais via le ministère des Droits humains, n’auraient jamais atteint les bénéficiaires. « Depuis notre arrivée à Bujumbura, pas une seule action concrète n’a été entreprise pour nous venir en aide », déplore le collectif dans une déclaration dont une copie a été transmise à Mongongo News.
« Il est inadmissible que des ressources censées nous soutenir, soient détournées ou utilisées à des fins non transparentes, alors que nous vivons en exil, sans protection spécifique ni moyens adéquats pour poursuivre notre mission », martèle l’un des signataires, sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité.
La déclaration, largement relayée sur les réseaux sociaux, fustige également les tentatives de discrédit visant ceux qui exigent la transparence. Les défenseurs appellent à une implication directe du président de la République et de la Première ministre pour faire toute la lumière sur cette affaire.
« Notre silence ne doit pas être interprété comme une résignation. Nous sommes déterminés à faire entendre la voix des opprimés et celle de la République jusqu’à notre dernier souffle », conclut un autre militant, la voix tremblante mais résolue.
Alors que les tensions persistent dans l’Est de la RDC et que les défenseurs des droits humains paient souvent le prix fort de leur engagement, cette déclaration soulève des questions brûlantes sur la gestion des fonds humanitaires et la responsabilité des institutions.
Etienne Mosengo/Mongongo
