Alors que la République démocratique du Congo traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire sécuritaire, une pétition visant la destitution du président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe, et certains membres de son bureau, suscite l’indignation dans les rangs de l’opposition.
Pour l’ADDCONGO, un parti politique de l’opposition et membre de la coalition Lamuka, cette initiative parlementaire est non seulement inopportune, mais elle constitue une insulte à la souffrance du peuple congolais.
« Cette procédure est un non-événement. Elle ne répond en rien aux attentes du peuple. Elle illustre une fois de plus que les préoccupations de certains dirigeants de la RDC ne privilégient jamais l’intérêt général, mais plutôt leurs agendas personnels », déclare Maître Dieu-merci Mungu Akonkwa, coordonnateur provincial de l’ADDCONGO au Nord-Kivu.
Dans l’Est du pays, les massacres se poursuivent à un rythme effroyable. Les populations civiles sont quotidiennement décimées par des groupes armés, dans l’indifférence quasi-totale des institutions censées les représenter. À Beni, à Rutshuru, en Ituri, les témoignages se ressemblent : des familles décimées, des villages brûlés, des enfants traumatisés.
Face à cette tragédie, l’ADDCONGO dénonce une Assemblée nationale transformée en « ring de boxe », incapable de porter la voix des électeurs. Le parti, proche de l’opposant Prince Epenge, appelle à une refondation morale de la représentation nationale, où les préoccupations du peuple doivent primer sur les querelles de pouvoir.
« Il ne se passe pas deux jours sans que des crimes graves ne soient commis. Les terroristes décapitent des innocents à la machette, fusillent sans retenue, pendant que nos élus s’écharpent dans l’hémicycle. C’est inconcevable, c’est une honte », martèle le coordonnateur provincial.
Pour ADDCONGO, l’heure est à la mobilisation citoyenne, à la solidarité nationale, et à la réorientation des priorités politiques vers la paix, la justice et la dignité humaine.
Etienne MOSENGO
