Face à l’escalade des violences dans les territoires de Beni, Lubero et Ituri, la population locale, excédée par l’inaction des autorités, lance un cri de désespoir et de résistance : “Si les tueries ne cessent pas, nous ne paierons plus aucune taxe”.
Ce message, relayé par le député provincial honoraire de Butembo, Promesse Matofali sur l’une de ses plateformes dans une courte vidéo, fait écho à une mobilisation populaire qui refuse de rester silencieuse face aux massacres récurrents.
Selon les témoignages recueillis, plus de 102 personnes ont été tuées à Lubero et 18 à Oicha en l’espace de quelques jours, plongeant les communautés dans une détresse profonde. «Même si vous n’avez plus la force, parlez seulement et criez fort, parce que nous savons qu’au moins vous, vous exprimez », lui ont confié des habitants de Butembo et Beni, l’encourageant à reprendre la parole malgré l’épuisement.
La menace de désobéissance fiscale prend racine dans une réalité brutale : les agriculteurs ne peuvent plus se rendre aux champs, les commerçants vivent dans la peur, et les familles enterrent leurs proches sans justice ni protection. Dans ce contexte, la population estime que l’État ne peut exiger des contributions fiscales sans garantir la sécurité minimale.
Le message est clair : si les autorités congolaises notamment le président Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe, président de l’assemblée nationale, Sama Lukonde, president du Sénat et la Première ministre Judith Suminwa ne mettent pas fin aux tueries, aucun agent de l’État ne sera autorisé à percevoir des taxes dans ces zones meurtries.
Cette déclaration, portée par Promesse Matofali, réactive une position déjà exprimée en 2021, mais cette fois avec une intensité renouvelée. Elle reflète une fracture profonde entre les citoyens et leurs dirigeants, et pose une question cruciale : comment continuer à financer un État qui ne protège pas ses enfants ?, s’interrogent ces populations et cet ancien parlementaire.
Etienne Mosengo
