Après plus de trois mois de silence, les chefs d’État et de Gouvernements de la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de dévéloppement de l’Afrique australe (SADC) se rencontrent ce vendredi 1er août à Nairobi au Kenya.
L’objectif est clair : évaluer la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), où la rébellion de l’AFC-M23 occupe un vaste pan du territoire dont Goma et Bukavu, les deux capitales provinciales du Nord et du Sud-Kivu depuis fin janvier et mi-février.
En mars dernier, le tandem EAC-SADC avait élargi la liste de facilitateurs, qui devraient accompagner le Président Faure Gnassingbé du Togo, médiateur désigné de l’Union africaine dans le conflit entre la RDC et le Rwanda, ayant trait à la résurgence du M23-AFC que Kinshasa accuse Kigali de soutenir.
Bien avant la rencontre de ce vendredi, les facilitateurs et le président de la Commission de l’Union africaine ont fait le point non seulement sur la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC, mais aussi sur les démarches entreprises depuis le dernier sommet.
Le Qatar et les États-Unis ont pris une marge de manoeuvre, laissant derrière les efforts régionaux. Le 27 juin dernier, le pré-accord de paix a été signé entre les ministres des Affaires étrangères de la RDC, représentée par Thérèse Kayikwamba Wagner et Olivier Nduhungirehe du Rwanda, marquant une avancée majeure dans la résolution pacifique du conflit.
Le 19 juillet dernier, la Déclaration de principes a été signée à Doha, au Qatar, entre le Gouvernement congolais et la rébellion de l’AFC-M23. Bien qu’elle peine à connaître des jours heureux sur le terrain, les prochaines étapes de discussions ont été clairement définies, avec la signature de l’accord de paix global attendue pour le 17 août prochain.
Il y a peu, le Lieutenant-général Pacifique Masunzu, commandant de la 3e zone de défense des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a ordonné à toutes les forces sur le terrain à ne pas lancer des offensives contre les positions du M23-AFC, « conformément au processus de paix en cours ». Parmi les grands points de la Déclaration de principes, un cessez-le-feu devrait être observé sur le terrain.
Lors d’une conférence de presse le 25 juillet dernier à Goma, Benjamin Mbonimpa, Secrétaire permanent de l’AFC-M23 avait conditionné la poursuite des pourparlers par la libération des prisonniers. Le Vice-premier ministre en charge de l’intérieur, Jacquemain Shabani avait indiqué bien avant que le processus devrait être lancé, pour permettre la poursuite des discussions.
Sur le terrain, au-delà des affrontements qui se sont poursuivis ces derniers jours notamment dans les territoires de Masisi et Rutshuru, la méfiance demeure entre Kinshasa et l’AFC-M23, chaque partie interprétant le contenu de la Déclaration de principes selon son attendement. À ceci, les mesures de confiance peinent à s’installer.
Guerschom M
