Signature d'une déclaration de principes entre le gouvernement de la RDC et l'AFC/M23 à Doha (Qatar). 19 juillet 2025. © Droits tiers
Le projet d’accord de paix soumis par Doha à Kinshasa et à l’AFC-M23 s’étale sur trois phases, visant le retour de la paix dans les zones occupées dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Selon le média Jeune Afrique qui a consulté le document, la première étape vise la formation d’une « force spéciale », qui sera notamment composée de 50% de membres venus de la rébellion du M23-AFC, et qui devra directement collaborer avec la Police nationale congolaise.
Mise sous tutelle du ministère de l’intérieur, cette force aura la mission d’intervenir dans les zones « affectées » dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, avec un mandat de cinq ans renouvelable. Le projet indique qu’à l’expiration de leur mandat, ces éléments pourront intégrer les Forces armées de la République démocratique du Congo et la Police nationale congolaise.
Le point chaud du projet tient au retablissement de l’autorité de l’État dans les zones actuellement occupées par le M23. Le Qatar tient à l’encadrement du retour de l’autorité de l’État qui pour elle, passe par la nomination d’autorités intérimaires par Kinshasa. Cette désignation prendra en compte les personalités suggérées par l’AFC/M23. Le mandat de ces autorités ira jusqu’à 2027, prévue pour l’organisation des élections dans ces zones.
La question du retablissement de l’autorité de l’État divise encore. Le Gouvernement congolais insiste sur le retrait des rebelles dans ces zones. Le M23-AFC n’a cessé d’écarter cette position, affirmant n’avoir aucune intention de quitter les zones qu’il occupe actuellement.
Le projet d’accord de paix revient sur le dialogue national. Toujours réclamé par l’opposition congolaise, ce dialogue est fixé pour l’année prochaine (2026). Le duo CENC0-ECC au travers son « Pacte social », pensait déjà réunir toutes les parties autour d’une table pour parvenir à une paix durable.
Durant les prochains jours, les deux parties (Kinshasa et l’AFC/M23) devront revenir sur la table de négociations pour discuter des étapes cruciales, qui devront conduire à la signature de l’accord de paix global.
Guerschom M
