Au total neuf personnalités, congolaises comme rwandaises, parmi lesquelles des responsables du M23 et des généraux de l’armée rwandaise, sont sanctionnées par l’Union européenne en raison de leur rôle joué dans l’instabilité et la violence dans l’est de la République démocratique du Congo. Une raffinerie d’or basée à Kigali et un responsable d’une entreprise pétrolière du Rwanda sont également frappés par cette mesure punitive.
Sur des extraits de document qui font le tour des réseaux sociaux depuis l’après-midi de ce lundi 17 mars, figure en tête Bertrand Bisimwa, président du mouvement du 23 mars (M23), indexé pour être directement impliqué dans la planification, la direction et l’exécution des actes constitutifs d’abus et de sérieuses violations des droits humains en RDC. Il lui est également reproché de soutenir le conflit armé, l’instabilité et l’insécurité dans le pays.
Le colonel Bahati Musanga Joseph, gouverneur du Nord-Kivu, nommé par la rébellion, est également mentionné sur la liste des sanctions. Il est décrit comme l’un des appuis financiers majeurs de l’AFC/M23. L’UE le poursuit également pour diriger une « administration parallèle en RDC », en violation de sa souveraineté et son intégrité territoriale.
Dans les rangs du M23 et ses soutiens, les sanctions ciblent John Imani Nzenze, colonel au sein de la rébellion, et Jean Bosco Nzabonimpa, chef adjoint du département de finance et de production du Mouvement du 23 mars/Armée révolutionnaire congolaise (M23/ARC). Mais aussi, Désiré Rukomera, un sujet rwandais, est également cité comme chargé de recrutement et de propagande du M23.
Par ailleurs, trois hauts gradés des Forces de défense du Rwanda (RDF), déployés dans l’est de la RDC en appui au groupe armé, sont aussi frappés par les sanctions européennes. Il s’agit du général major Ruki Karusi, commandant des forces spéciales du Rwanda, du général major Eugène Nkubito, commandant de la 3ème division des RDF, déployé en RDC depuis août 2022, ainsi que du général de brigade Pascal Muhizi, commandant de la 2ème division des RDF, déployé en RDC depuis août 2023.
Le rwandais Francis Kamanzi, PDG de l’entreprise RMB « Rwanda Mines, Petroleum and Gas Board – Office rwandais des mines, du pétrole et du gaz », ainsi que l’entreprise « Gasabo Gold Refinery », une raffinerie d’or basée à Kigali, sont aussi indexés pour le rôle joué dans l’exploitation illicite des ressources naturelles de la RDC, dans les zones occupées par le M23. Selon l’UE, l’extraction et le trafic illégaux des ressources naturelles dans l’est de la RDC « contribuent à l’escalade du conflit ».
Ces mesures, adoptées par l’Union européenne sous la pression de la Belgique, prévoient l’interdiction aux individus concernés de se rendre dans les pays de l’organisation, ainsi que le gel de leurs avoirs.
Les sanctions européennes tombent presque simultanément avec l’annonce, par le Rwanda, de la rupture des relations diplomatiques avec la Belgique. En effet, Kigali accuse Bruxelles de « maintenir ses illusions néocoloniales », de prendre « clairement » parti dans un conflit régional et de continuer « à se mobiliser systématiquement contre le Rwanda dans différents forums, utilisant mensonges et manipulations pour créer une opinion hostile injustifiée à l’égard du Rwanda dans le but de déstabiliser le pays et la région ».
Mongongo

Félicitations pour ses sanctions que nous attendons sa matérialisation dans un bref délais