Tête à tête entre les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda (respectivement Thérèse K. et Olivier N.) sous la médiation angolaise. 2024 ©Min Relations extérieures Angola
En ce vendredi 25 avril 2025, la diplomatie mondiale retient son souffle alors que la République démocratique du Congo et la République du Rwanda s’apprêtent à franchir un pas décisif vers l’apaisement des tensions dans la région des Grands Lacs. Sous l’égide du Secrétaire d’État américain Marco Rubio, une déclaration de principes pour la paix sera signée à Washington par les ministres des Affaires étrangères des deux nations, Thérèse Kayikwamba Wagner pour la RDC, et Olivier Nduhungirehe pour le Rwanda, confirment des sources étasuniennes.
Le Département d’État américain, dans un communiqué officiel, a qualifié cette signature d’« étape clé vers la coopération et la stabilité régionale », réaffirmant la volonté des États-Unis de favoriser une résolution pacifique par des voies diplomatiques et démocratiques.
En marge de cette cérémonie solennelle, deux entretiens bilatéraux sont également prévus entre les chefs de la diplomatie congolaise et rwandaise avec le Secrétaire d’État adjoint des Etats-Unis, Christopher Landau. Ces discussions s’inscrivent dans une série de consultations menées en parallèle par d’autres médiateurs internationaux, notamment le président togolais Faure Gnassingbé, représentant de l’Union africaine, qui a récemment rencontré les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame.
Pas de paix sans compromis
Ce rapprochement entre Kinshasa et Kigali intervient dans un contexte de fragile désescalade. À Doha, sous la médiation de l’Émir du Qatar, les délégations congolaises et celles du M23/AFC ont signé, 48 heures plus tôt, une déclaration conjointe instaurant une trêve immédiate. Ce document représente la première reconnaissance mutuelle d’un engagement vers un cessez-le-feu durable, ouvrant la voie à un dialogue plus structuré.
Pour autant, le différend entre la RDC et le Rwanda demeure profond. Kinshasa, fort des rapports des experts des Nations unies et appuyé par la résolution 2773 du Conseil de sécurité, continue de pointer la responsabilité de Kigali dans le soutien au mouvement à l’AFC/M23. Cependant, interrogé lors d’une sortie médiatique et repris dans un article publié par le média en ligne Beto.cd, basé à Kinshasa, le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a sobrement rappelé qu’« il n’y a pas de paix sans compromis ».
C’est donc dans un climat empreint à la fois d’espoir prudent et de scepticisme mesuré que la communauté internationale observe cette initiative. Les contours et les précisions autour de la déclaration de principe entre Kinshasa et Kigali, annoncée à Washington, demeure confidentiel. Néanmoins, son adoption pourrait esquisser un nouveau chapitre dans les relations tumultueuses entre les deux pays de la région des Grands-Lacs.
Mongongo
