Martin Fayulu, opposant congolais, président du parti politique Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDé). Photo : © AFP
Alors que la République démocratique du Congo traverse une crise multiforme, l’opposant Martin Fayulu continue de plaider pour un « dialogue national inclusif, sincère et guidé par l’intérêt supérieur de la nation », qu’il présente comme « la seule voie de salut ». Une proposition qui divise l’arène politique congolaise, dans un contexte marqué par la recrudescence des violences à l’est du pays.
Dans un message publié sur X ce vendredi 3 octobre, le président de l’ECIDé et pionnier du « Camp de la patrie » a appelé les Congolais à opposer un « non ferme et irrévocable à la balkanisation ». « Chacun doit assumer ses responsabilités », a-t-il lancé, s’adressant principalement à la classe dirigeante.
Des avis contrastés
L’opinion congolaise reste partagée sur l’opportunité d’un « dialogue national inclusif » pour sortir le pays de l’impasse, au regard des collusions de certaines figures politiques avec l’AFC/M23, qui occupe d’importants territoires dans l’est. Parmi elles, Joseph Kabila, l’ancien président récemment condamné à la peine capitale par la justice militaire à Kinshasa.
Si certains acteurs de l’opposition et de la société civile soutiennent la démarche, des voix proches du pouvoir la rejettent fermement, prônant l’exclusion des individus « qui ont pris les armes contre la République ». C’est notamment la position du Front anti-dialogue, un mouvement citoyen lancé en août dernier.
« Nous avons dialogué dans ce pays plusieurs fois : souvenez-vous de Sun city, d’Antananarivo, de Lusaka, de la Saint-sylvestre…, et on n’a pas eu de solutions. Un peuple ne doit pas être là pour faire la même chose chaque fois qu’il a des problèmes et obtenir des mêmes résultats, des demi-résultats », avait déclaré Dieudonné Nkishi, coordonnateur du mouvement.
Pour lui, « le dialogue en République démocratique du Congo doit cesser d’être une blanchisserie de plusieurs seigneurs de guerre qui profitent de ça pour s’échapper aux poursuites judiciaires contre leurs crimes ».
« Le processus de Kinshasa… »
Les confessions religieuses, menées par le tandem Cenco-Ecc, avaient présenté le 25 août dernier une feuille de route pour la tenue d’un dialogue national inclusif. Cette initiative, baptisée par Fayulu « processus de Kinshasa », vise à rassembler toutes les parties prenantes afin d’identifier des solutions à la crise actuelle.
Ce plan prévoit quatre étapes majeures : le mois de la paix, marqué par des cultes œcuméniques dans tout le pays, notamment dans les zones sous occupation rebelle ; un dialogue technique avec des experts pour poser les jalons des discussions ; un dialogue politique global, impliquant pouvoir, opposition, opposition armée (rébellion, NDLR) et société civile, dont les conclusions seront remises au président de la République ; une conférence internationale sur la paix et le vivre-ensemble dans la région des Grands Lacs.
Félix ISSA / Mongongo
