Des soldats M23 à bord d'une pick-up à Goma (Nord-Kivu). © Droits tiers
Les États-Unis ont appelé, le 20 août, à la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation dans l’est de la République démocratique du Congo, marquée par de graves violations des droits humains, largement attribuées au M23. L’annonce a été faite par le Bureau du sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines.
« Nous avons demandé une réunion d’information d’urgence du Conseil de sécurité sur la RDC afin de discuter des horribles abus perpétrés contre les civils, notamment par le M23, et nous continuerons de promouvoir la responsabilisation afin de garantir que ceux qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité en subissent les conséquences », a indiqué le Bureau.
Dans un message publié sur X, le Bureau des Affaires africaines a condamné les attaques contre les civils et appelé les parties au conflit à respecter le cessez-le-feu convenu lors des démarches diplomatiques en cours.
« Les violences visant les civils dans l’est de la RDC sont inacceptables. Nous exhortons les parties à préserver le cessez-le-feu prévu dans la Déclaration de principes signée à Doha entre la RDC et le M23. Ces violations, non seulement menacent les progrès vers la paix, mais prolongent les souffrances de populations déjà éprouvées par des décennies de conflit », ajoute le message.
Escalade des violences
Ces dernières semaines, de violents affrontements ont opposé le M23 à des groupes armés dits Wazalendo dans plusieurs localités du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans un rapport publié le 20 août, Human Rights Watch accuse le M23 d’avoir massacré plus de 140 civils, principalement des agriculteurs hutus, dans 14 villages autour du parc des Virunga, en territoire de Rutshuru, au seul mois de juillet 2025. De son côté, Amnesty International dénonce des cas de viols collectifs, d’exécutions sommaires, de tortures et d’enlèvements imputés au même mouvement rebelle.
Le 6 août, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a également fait état de 319 civils tués par le M23, soutenu selon lui par les Forces de défense du Rwanda (RDF), dans quatre villages de Rutshuru. Un bilan présenté comme le plus lourd depuis la résurgence du mouvement en 2021 — mais rejeté par la rébellion.
Mongongo
