Président Denis Sassou N. (Congo-Brazza) et Félix Tshisekedi (RDC). © Droits tiers
Après le départ du président angolais, Joao Lourenço, pour la présidence de l’Union africaine, laissant le processus de paix de Luanda, le président de la République du Congo se dit disponible pour reprendre la médiation du conflit opposant les présidents de la RDC et du Rwanda. Selon Denis Sassou Nguesso, la tension en cours entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame pourrait s’aplanir au cas où les deux chefs d’Etat se rencontreraient.
Le président Denis Sassou Nguesso affirme entretenir de bonnes relations avec les deux présidents, au cours d’une interview livrée dimanche 16 février à France 24, depuis Addis Abeba, en Ethiopie. « Nous avons discuté de cette question dans le passé avec le président Tshisekedi et avec le président Kagame, plusieurs fois ».
Alors que les présidents de la RDC et du Rwanda ont récemment raté moult occasions de se rencontrer dans le cadre des processus de Luanda et de Nairobi, ainsi qu’à l’occasion du sommet conjoint EAC-SADC, le président Sassou « ne voit pas comment on pourrait régler un tel problème sans que les deux dirigeants se rencontrent ». Il pense en ce sens que « des conditions pourraient être créées pour qu’ils se rencontrent ».
« On est dans une situation de conflit, et chaque partie essaye de tirer quelque avantage. Mais, pour nous, ce qui est important, c’est que le dialogue s’instaure sous une forme ou une autre » suggère-t-il.
Le président du Congo-Brazzaville n’écarte pas que la tension entre la RDC et le Rwanda pourrait dégénérer en une crise régionale, et s’en remet à la « sagesse africaine » pour éviter que la situation en arrive là. Sassou Nguesso estime que les sanctions, réclamées par la RDC contre le Rwanda, « n’ont pas toujours réglé les problèmes ». Ce qui importe, pour lui, c’est la recherche d’une « vraie solution à la crise », impliquant les Africains.
La tension entre la République démocratique du Congo et le Rwanda est montée d’un cran après l’occupation, depuis dimanche 16 février, de la ville de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu, par l’armée rwandaise et le M23. Tout en rassurant de « tout mettre en œuvre pour rétablir l’ordre, la sécurité et l’intégrité territoriale », le gouvernement de Kinshasa appelle la population de Bukavu « à rester à la maison et à ne pas s’exposer pour éviter d’être la cible des forces d’occupation ».
Félix ISSA / Mongongo
