Illustration: Cathédrale Notre Dame du Congo. Kinshasa/RDC. © Droits tiers.
L’Archidiocèse catholique de Kinshasa invite ses fidèles à se rendre ce dimanche 16 février à la messe dominicale « pour offrir au Seigneur notre pays, la RD Congo ». Cet appel est lancé malgré des menaces et intimidations proférées par certains « combattants » d’un parti politique contre l’Eglise catholique, et particulièrement contre le cardinal Fridolin Ambongo, dans une vidéo qui circule sur la toile depuis vendredi 14 février.
En effet, dans cette séquence de 2 minutes et demie, ces « combattants » menacent de prendre d’assaut « toutes les paroisses catholiques » de la capitale congolaise. « Nous sommes 5000 combattants déjà mobilisés. Nous allons nous départager les paroisses. Ce dimanche, vous n’allez pas prier, vous n’allez récolter aucune offrande. Nous allons vous envahir dans toutes les paroisses. À partir de 4 heures, nous allons renvoyer les fidèles qui se présenteront (…) ».
Dans son communiqué publié ce samedi 15 février 2025, l’archidiocèse de Kinshasa rassure que les autorités sécuritaires sont saisies au sujet de cette situation, et appelle les chrétiens à vivre leur foi « en toute liberté et sérénité », conformément à la constitution congolaise.
« Vous avez suivi avec attention des menaces proférées contre nos églises par des personnes non autrement identifiées. Son Eminence Fridolin Cardinal Ambongo, notre archevêque et Père, est au courant et maintient le contact avec les autorités publiques en charge de la sécurité », écrit le chancelier de l’archidiocèse, l’Abbé Clet-Clay Mamvemba.
Et d’ajouter :
« En vous rassurant de sa proximité, notre Archevêque et Père vous invite à intensifier les prières en faveur de nos frères et sœurs dans l’Est, de nos FARDC, ainsi que de tous ceux et celles qui luttent pour la paix ».
Il sied de souligner que l’Hôtel de ville de Kinshasa a « rassuré les Kinoises et les Kinois que la ville vit dans la tranquillité, dans la sécurité ainsi que dans la sérénité », tout en les appelant à « ne pas céder aux messages d’intoxication ». Le gouverneur Daniel Bumba a rappelé que la mesure portant interdiction des manifestations publiques reste d’application. « Les forces de l’ordre sont prêtes à maîtriser toute sorte de vandalisme et de trouble à l’ordre public », a prévenu l’autorité provinciale.
Mercredi et jeudi derniers, les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et les responsables de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) ont rencontré le chef de la rébellion du M23/AFC, Corneille Nangaa, et le président rwandais, Paul Kagame, deux acteurs indexés comme responsables des crimes et violences au Nord et au Sud-Kivu, dans l’est de la RDC. Cette démarche inscrite dans un projet de dialogue national et du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les Grands-Lacs » est vivement critiquée par certains acteurs politiques proches du pouvoir, qui accusent « les hommes de Dieu » de « trahison ».
Mongongo
