Les présidents Félix Tshisekedi (RDC) et Joao Lourenço (Angola). Luanda. 2024. [Photo archives; droits tiers]
En dépit de positions bellicistes affichées par l’administration Tshisekedi et la rébellion pro-Rwanda, M23, écrit Afriquactu.net, le président angolais João Lourenço, médiateur de l’Union africaine dans cette crise, a annoncé la convocation prochaine d’un dialogue direct entre le gouvernement congolais et la milice qui contrôle, avec l’appui de l’armée rwandaise, plusieurs localités dans l’est de la RDC.
L’annonce a été faite à l’issue du tête-à-tête Tshisekedi-Lourenço, tenu mardi 11 mars à Luanda, en Angola. Elle intervient 24 heures après que le chef de l’État angolais a échangé avec la délégation de la conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) autour de l’initiative du Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs, note le portail.
Luanda va établir des contacts avec le M23 en vue des négociations avec l’état congolais, complète Actu30.cd. Selon le communiqué de la présidence angolaise, poursuit le média d’info, l’objectif est d’arriver aux négociations directes entre la RDC et les M23.
Pour Eco News, qui parle d’un virage stratégique de Kinshasa, Félix Tshisekedi a « enfin » accepté des négociations directes avec les M23. Mais le journal Le Potentiel présage que les discussions directes entre le M23 et le Gouvernement congolais pourraient être un tournant décisif dans la quête de paix. Toutefois, relève le tabloïd, la complexité de la situation et les intérêts divergents des parties impliquées soulèvent des questions sur l’efficacité de ces pourparlers.
Kinshasa prend acte à demi-mot de la médiation angolaise, note Election-net.com.
Pour Actualite.cd, Kinshasa se réveille enfin, mettant en avant la résolution 2773 du Conseil de Sécurité de l’ONU et attend voir la mise en œuvre de la démarche du médiateur angolais. Alors qu’il avait fait du dialogue direct avec la rébellion du AFC/M23 soutenue par le Rwanda une ligne rouge à ne pas franchir, le gouvernement congolais semble avoir mis l’eau dans son vin en vue de se conformer aux appels internationaux et régionaux aux discussions directes entre différentes parties au conflit, fait remarquer le confrère.
À ce même propos, « Oubliez la ligne rouge que le gouvernement congolais s’est tracée et que des officiels ont maintes fois rappelée, selon laquelle gouvernement ne va jamais négocier avec le M23, qualifiés de « pantins » et de « supplétifs » de l’armée rwandaise ; il faut également oublier la position selon laquelle le gouvernement n’allait discuter qu’avec le Rwanda. Les lignes, y compris la ligne rouge précitée, ont bougé », commente Alternance.cd.
Entretemps, le Pasteur Silas Makangu, relayé par Ouragan.cd, nous fait savoir que « Négocier, ce n’est pas un aveu d’échec, la guerre nous coûte à tous ».
Par ailleurs, la SADC se prononce jeudi sur le retrait ou non de la SAMIDRC, revient Afriquactu.net. Alors que la SAMIDRC est confrontée à de graves défis, notamment des restrictions à sa liberté de mouvement, depuis l’occupation de Goma par le M23 soutenu par l’armée rwandaise, la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) se réunira en sommet extraordinaire par visioconférence, jeudi 13 mars 2024, pour « examiner » la situation dans l’est de la RDC, a annoncé mardi l’organisation régionale. Selon une source onusienne, « il semble que la Troïka Plus de l’organe de la SADC ait recommandé le retrait des soldats et du matériel de la SAMIDRC de l’est de la RDC ».
Sur un autre registre, « Kagame n’a pas reçu mandat de parler au nom de la communauté Banyamulenge », a déclaré Alexis Gisaro cité par Le Potentiel. Membre de la communauté Banyamulenge, le ministre d’État en charge des Travaux publics et de la Reconstruction a critiqué le président rwandais, Paul Kagame, lors d’un briefing de presse sur la « cohabitation pacifique des communautés en RDC » et le rôle des peuples Banyamulenge.
Le ministre a affirmé que le Rwanda utilise en vain ses stratégies pour renforcer ses prétextes et maintenir ses attitudes belliqueuses envers la RDC, notamment en pillant les minerais congolais.
