Alors que les écoles ont déjà officiellement rouvert leurs portes dans tout le Nord-Kivu, une réalité plus sombre se dessine pour les enfants des familles déplacées par les conflits armés. À Lubero, la reprise des activités scolaires est effective, mais l’accès à l’éducation reste un défi majeur pour les enfants déplacés internes.
Selon Chirack Mafula, président du Parlement des jeunes de la chefferie de Bwito, en territoire de Rutshuru, et secrétaire du comité des déplacés de guerre à Lubero où il se trouve actuellement, seule une minorité d’enfants déplacés a pu intégrer les écoles publiques, bénéficiant de la gratuité scolaire.
La majorité se voit contrainte de s’inscrire dans des écoles privées, faute de places disponibles dans le secteur public. Or, ces établissements exigent des frais de scolarité que les familles déplacées, souvent sans ressources, ne peuvent assumer.
« Les enfants déplacés sont doublement victimes : de la guerre et de l’exclusion scolaire. Nous lançons un SOS aux autorités et aux partenaires pour qu’un mécanisme soit mis en place afin de garantir leur accès à une éducation gratuite, qu’elle soit publique ou privée », plaide Chirack Mafula, joint au téléphone par Mongongo News.
Cette situation concerne aussi bien les écoles primaires que les établissements secondaires. Le cri d’alarme lancé depuis Lubero, résonne dans tout le Nord-Kivu, où les déplacés internes peinent à reconstruire leur quotidien. L’accès à l’éducation, droit fondamental, devient ici un luxe inaccessible pour de milliers d’enfants.
Etienne Mosengo/Mongongo
