Joseph Kabila, ancien président de la RDC, à Goma.
L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, s’est exprimé pour la première fois au sujet de l’attaque de drone survenue le 11 mars à Goma, qui a coûté la vie à une humanitaire de l’UNICEF, à proximité de la résidence de son épouse, Olive Lembe.
Dans une interview accordée à La Libre Belgique depuis la capitale provinciale du Nord-Kivu, où il séjourne, l’ancien chef de l’État affirme rester « serein », alors que des enquêtes sont en cours devant les instances judiciaires nationales et internationales.
« Je garde le moral », a-t-il déclaré, tout en s’interrogeant sur la cible réelle de cette attaque, dont les auteurs n’ont pas été identifiés.
« Est-ce que j’étais ciblé personnellement ? Est-ce la population congolaise qui était visée ? (…) Des enquêtes sont en cours », a-t-il poursuivi.
Par ailleurs, Joseph Kabila, aujourd’hui sénateur à vie, fait toujours l’objet d’une condamnation à mort prononcée le 30 septembre 2025 par la justice congolaise pour « haute trahison » et « crimes de guerre ». Il lui est notamment reproché une proximité avec l’AFC/M23, groupe armé impliqué dans de graves violations dans l’est du pays.
Sa présence à Goma, une ville sous contrôle rebelle depuis début 2025, continue d’alimenter les suspicions de complicité. Des accusations que l’ancien président n’a pas explicitement confirmées lors de cet entretien, affirmant être « en droit d’être en contact et de parler avec tous les Congolais ».
« Goma, c’est chez moi », a-t-il insisté, dénonçant par ailleurs « un acharnement » contre sa personne et sa famille politique, qu’il fait remonter à 2019, soit bien avant l’émergence de l’AFC/M23.
Quelques jours après l’attaque, le gouvernement congolais a annoncé l’ouverture d’une enquête afin de faire la lumière sur les circonstances de l’incident et du décès de Karine Buisset, humanitaire française. De son côté, la justice française a également ouvert « une enquête de flagrance contre X pour crime de guerre ».
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