ILLUSTRATION : Passerelle de l'INSTIGO, centre-ville de Goma. © Droits tiers
12 octobre 2026 — Trois corps sans vie de jeunes hommes ont été repêchés ce lundi matin dans le lac Kivu, au niveau du port de Goma. Plusieurs autres corps flotteraient sur le lac et attendraient d’être repêchés, selon le Conseil communal de la jeunesse de Goma, qui dénonce une dégradation préoccupante de la situation sécuritaire dans la capitale provinciale du Nord-Kivu.
Les trois victimes, âgées de moins de 30 ans, auraient été retrouvées pieds et poings liés, avec des marques de strangulation et de torture, selon Jules Ngeleza, président du Conseil communal de la jeunesse de Goma. Leur repêchage intervient dans un contexte d’insécurité persistante, qui suscite de vives inquiétudes au sein de la population.
Jules Ngeleza estime que cette découverte macabre constitue un nouvel indicateur de la dégradation de la situation sécuritaire dans la ville. Selon des sources sur place, le corps d’un autre jeune homme aurait été retrouvé dimanche au même endroit et dans des circonstances similaires. Celui-ci aurait été enlevé par des personnes non identifiées, pour avoir « fredonné » un chant hostile aux autorités locales, avant d’être retrouvé sans vie.
D’autres témoignages font également état de plusieurs corps qui auraient été aperçus flottant sur le lac Kivu. Dénonçant ce qu’il qualifie d’« énième exécution ciblée », Jules Ngeleza appelle les organisations internationales, notamment les Nations unies, à agir face à ce qu’il décrit comme une multiplication des actes de terreur et des violations des droits humains dans cette région contrôlée par la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23), soutenue par le Rwanda.
« Les vies des jeunes sont toujours prématurément fauchées dans le silence d’une population meurtrie par crainte des représailles. […] Le Conseil communal de la jeunesse interpelle les organisations de défense des droits de l’homme, les mécanismes régionaux et les Nations unies face à la dégradation de la situation et les appelle à enquêter et à documenter les incidents de violation des droits humains et de protection des populations civiles », déclare cette structure juvénile.
À ce stade, les autorités de fait liées à l’AFC/M23 ne se sont pas encore exprimées sur ces faits.
Félix ISSA / Mongongo News
