Illustration : © Amesty
Des morts, parmi lesquelles des victimes civiles, ont été comptés en centaine pendant seulement les 7 premiers mois de l’année dernière dans le conflit opposant les Forces armées de la RDC et la coalition armée M23-RDF, en province du Nord-Kivu. L’ONG Amnesty International, qui évoque ce détail, appelle les belligérants à mettre un terme à l’utilisation des armes explosives à large rayon d’impact dans des zones peuplées.
Kinshasa, lundi 20 janvier 2025. Dans l’intervalle de janvier à juillet 2024, au moins 100 personnes ont perdu la vie dans plus de 150 attaques aux « armes explosives imprécises » lors des combats entre les rebelles du M23 appuyés par les forces de défense rwandaise et les forces gouvernementales Rd congolaises, dans la province du Nord-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo. Ces chiffres sont avancés par Amnesty International dans un communiqué de presse publié lundi 20 janvier 2025.
« L’escalade dévastatrice de l’utilisation d’armes explosives est un fait nouveau et dangereux dans un conflit déjà marqué, depuis trois décennies, par des violations des droits humains et du droit humanitaire. Dans le contexte d’une flambée des combats, le M23 et l’armée congolaise doivent cesser de tirer des roquettes, des mortiers et d’autres explosifs à large rayon d’impact sur des zones densément peuplées. Les belligérants doivent respecter le droit international humanitaire en prenant toutes les précautions possibles pour éviter ou réduire au minimum les préjudices causés aux civils lors des attaques », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.
Se référant à un rapport des experts des Nations-Unis, l’organisation de défense des droits de l’homme affirme que dans l’est de la RDC, l’utilisation accrue de munitions explosives a coïncidé avec une offensive de grande envergure menée par le M23, avec le soutien appuyé des Forces rwandaises de défense (RDF), contre l’armée congolaise sur plusieurs fronts dans la province du Nord-Kivu, en janvier 2024. L’ONG attribue néanmoins aux deux camps les tirs imprécis ayant ciblé des civils.
« Trois attaques ont à elles seules causé la mort de plus de 50 civil·e·s, soit plus de la moitié du bilan total », mentionne l’ONG, qui cite les bombardements de Katshiru, Nyanzale et de Goma, entre janvier et mai de la même année, aussi bien à partir des positions de l’armée régulière que de celles des insurgés.
« Le 3 mai 2024, plusieurs roquettes ont atterri près de Goma, probablement tirées par le M23 en riposte à un tir de roquettes de l’armée congolaise, qui avait pris position à proximité des camps de personnes déplacées, près de la ville. L’une de ces roquettes a touché un camp appelé 8ème CEPAC, au nord-ouest de Goma ; selon des sources médicales, elle a tué au moins 18 civil·e·s, parmi lesquels 15 enfants, dont six âgés de moins de cinq ans. Parmi les 30 civil·e·s blessés, 28 étaient des femmes ou des enfants », lit-on dans le communiqué.
« Comme en témoigne la longue histoire du conflit dans l’est de la RDC, en l’absence d’obligation de rendre des comptes, les violations des droits humains et du droit humanitaire se poursuivent, a déclaré Agnès Callamard, tout en appelant le M23 et l’armée congolaise à cesser immédiatement de bombarder les civils.
