Les professeurs de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) suspendent leurs activités jusqu’à nouvel ordre à la suite du meurtre, dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 janvier, d’un des leurs, lors d’une attaque armée. L’Association des professeurs de l’UNIKIN (APUKIN) indique qu’une Assemblée générale extraordinaire, convoquée ce vendredi, devra statuer sur la suite à donner à cette situation.
Dans un communiqué, l’APUKIN se dit « consternée, révoltée et profondément meurtrie » par l’assassinat de Matthieu Abata Sona, enseignant des sciences documentaires à la Faculté des Lettres et Sciences humaines. Ce drame plonge l’ensemble de la communauté universitaire dans une vive émotion.
Selon des témoignages recueillis auprès des proches de la famille, le professeur Abata a été mortellement criblé de balles lors d’un cambriolage perpétré par un groupe de six hommes armés à son domicile, situé à proximité du campus de l’UNIKIN, dans la commune de Lemba. Les assaillants auraient également emporté une somme estimée à 7 000 dollars américains, précisent les mêmes sources.
Dans un message de condoléances adressé aux familles biologique et académique de « cet intellectuel de haut rang », le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (ESURSI) annonce avoir saisi les autorités judiciaires et sécuritaires afin que « toute la lumière soit faite sur ce crime odieux et que ses auteurs répondent de leurs actes, conformément aux lois de la République ».
Une enquête devrait être ouverte dès ce vendredi, a confirmé le ministre d’État à la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa-Atondoko. Lors d’un briefing de presse tenu jeudi, il a assuré que ce crime « ne restera pas impuni ».
Le meurtre du professeur Matthieu Abata s’inscrit dans un contexte de dégradation préoccupante de la situation sécuritaire à Kinshasa, marquée par une recrudescence des braquages et cambriolages, de jour comme de nuit, dans plusieurs communes. Cette montée de l’insécurité interroge l’efficacité des dispositifs mis en place par les autorités, notamment l’opération Ndobo, censée lutter durablement contre la criminalité urbaine à travers le démantèlement des réseaux de malfaiteurs et la traque des délinquants.
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