En marge de la tournée de consultations menée par la ministre de la Jeunesse, Grâce Emie Kutino, dans plusieurs provinces de la République démocratique du Congo, les voix des jeunes s’élèvent avec de plus en plus de force. Parmi elles, celle de Kambale Kitsa Stéphane, défenseur des droits humains et jeune leader congolais, qui appelle le gouvernement central à prendre à bras-le-corps la question cruciale de l’emploi des jeunes.
Selon lui, près de 80 % des jeunes diplômés restent sans emploi, malgré leurs compétences et leur volonté de contribuer au développement national. Cette situation, particulièrement préoccupante, engendre des conséquences sociales lourdes telles que la montée de la délinquance juvénile, la vulnérabilité face aux manipulations politiques, et l’enrôlement facile dans les groupes armés — autant de facteurs qui alimentent l’insécurité.
Kambale Kitsa Stéphane dénonce également la marginalisation des jeunes dans les institutions publiques. Il estime que l’accès à l’emploi semble souvent réservé à ceux issus de familles politiquement influentes, laissant pour compte une majorité de jeunes talentueux et sans appui.
« Alors, quel sera notre sort, nous qui ne sommes pas issus des familles des politiciens ? », s’interroge-t-il.
M. Kitsa rappelle que l’article 36 de la Constitution congolaise consacre le travail comme un droit et un devoir pour chaque citoyen. Un principe qui, regrette-t-il, demeure largement théorique pour une grande partie de la jeunesse.
Le témoignage de Kitsa met en lumière l’urgence d’engager des réformes structurelles et d’adopter une politique nationale cohérente en faveur de l’emploi des jeunes.
Au-delà de la dénonciation, son message est un appel à la responsabilité. La jeunesse congolaise, riche de son énergie, de son intelligence et de son ambition, ne demande qu’à être intégrée pleinement dans la construction du pays. Ignorer cette force vive, prévient-il, revient à compromettre l’avenir même de la nation.
Etienne Mosengo
