Entrée à Masisi Centre des FARDC et Wazalendo après d'intenses compbats contre la RDF/M23. 8 janvier 025. ©Droits tiers.
Après de rudes affrontements, les Forces armées de la République démocratique du Congo ont infligé un superbe revers à la coalition rebelle RDF/M23 dans le territoire de Masisi, en province du Nord-Kivu. Les assaillants, boutés loin, à près d’une dizaine de kilomètres hors des agglomérations qu’ils occupaient depuis le 4 janvier, dont Masisi Centre et Ngungu, n’ont pas tardé à exprimer leur indignation face à une prétendue violation de cessez-le-feu par les FARDC. Des larmes de crocodile ?
Goma, jeudi 9 janvier 2025. Quelques heures seulement après la reprise mercredi de Masisi Centre et d’autres localités par les FARDC et les résistants Wazalendo d’entre les mains du M23 soutenu par les forces rwandaises, l’Alliance Fleuve Congo (AFC), branche politique de la rébellion, crie à une « violation délibérée de cessez-le-feu » par le régime de Kinshasa.
Cette déclaration contredit la position du M23/RDF/AFC, faite quelques mois avant, qui s’était dit non-concerné par le cessez-le-feu décrété début août 2024 dans le cadre de la poursuite du processus de paix de Luanda, car n’y étant pas impliqué. Le groupe rebelle avait dès lors multiplié des assauts contre les positions de l’armée loyaliste et des Wazalendo sur plusieurs fronts, étendant son emprise vers les territoires de Lubero et de Walikale, entre juillet et octobre 2024.
Suite à ces conquêtes, la médiation angolaise avait exprimé son regret face à « une violation flagrante du cessez-le-feu et un acte hostile, qui met en péril les efforts en cours pour trouver une solution durable au conflit ». « Cette action présente une violation flagrante des principes et de l’esprit des recommandations et décisions de la réunion ministérielle du 30 juillet 2024 et du cessez-le-feu convenu », avait écrit le gouvernement angolais dans un communiqué du 21 octobre 2024.
À en croire le communiqué des insurgés rendu public le 8 janvier 2025, la RDF/M23 « n’a jamais voulu conquérir une quelconque entité en cette période officiellement consacrée aux processus de paix ». La coalition rebelle, explique le même document, a attaqué Masisi suite à un supposé « déploiement par le régime de Kinshasa des unités constituées du groupe génocidaire FDLR, transformant ce territoire en une base militaire ».
Lors d’un briefing de presse animé cette soirée conjointement avec le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, et la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, le porte-parole de l’armée congolaise, le général-major Sylvain Ekenge, a confirmé la réoccupation de l’agglomération de Masisi Centre depuis l’après-midi par les rebelles.
D’intenses combats ont de nouveau été signalés depuis ce matin (9/01) dans le chef-lieu du territoire de Masisi. D’après des sources dans la zone, le feu a été ouvert par certains combattants M23 qui s’étaient cachés dans des maisons lors de leur défaite, mercredi, en attendant les renforts. Les mêmes sources rapportent que ces renforts, constitués d’hommes et de munitions, sont venus de Kitshanga. Les affrontements ont aussi éclaté cet avant-midi sur le front de Lubero, à Mathembe et Mambasa.
Mongongo
