Illustration : rebelles du M23 en territoire de Nyiragongo, RDC. Crédit © MONUSCO
Les États-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions visant deux acteurs majeurs impliqués dans l’instabilité persistante dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans une décision rendue publique mardi 2 juin 2026, le Département américain du Trésor a notamment ciblé le colonel John Imani Nzenze, chef du renseignement du M23, mouvement soutenu par le Rwanda, ainsi que Gustave Kubwayo, commandant d’une unité de renseignement et d’opérations spéciales au sein des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Les FDLR et le Mouvement du 23 Mars (M23) font tous deux l’objet de sanctions américaines depuis 2013 pour leur implication dans de graves violations du droit international, notamment le recrutement d’enfants dans les conflits armés en RDC, ainsi que des meurtres, mutilations, violences sexuelles, enlèvements et déplacements forcés, indique le communiqué du Trésor américain consulté par Mongongo News.
La présence des FDLR sur le territoire congolais constitue l’un des principaux arguments avancés par Kigali pour justifier son soutien à l’AFC/M23. Les autorités rwandaises invoquent notamment la nécessité de répondre à une menace sécuritaire à travers ce qu’elles qualifient de « mesures défensives ».
Selon le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), rattaché au Département du Trésor, les deux groupes armés ont contribué à déstabiliser l’est de la RDC à travers l’occupation violente de territoires et des exactions commises contre les populations civiles. L’administration américaine estime que ces nouvelles mesures s’inscrivent dans ses efforts visant à favoriser le retour de la paix et de la stabilité dans la région, marquée par plusieurs décennies de conflit.
« La violence persistante des groupes armés aggrave une crise humanitaire déjà sévère et constitue une menace pour les intérêts américains dans la région. Les sanctions annoncées aujourd’hui soutiennent une résolution pacifique du conflit et la fin des effusions de sang », a déclaré le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent.
Le colonel Imani Nzenze et Gustave Kubwayo sont accusés d’avoir joué un rôle dans plusieurs violations commises respectivement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les sanctions prévoient notamment le gel de tous les biens et intérêts détenus aux États-Unis ou sous le contrôle de personnes ou d’entités américaines, ainsi que l’obligation de les déclarer à l’OFAC.
Le Département du Trésor rappelle par ailleurs que toute violation du régime de sanctions peut entraîner des poursuites civiles ou pénales, tant à l’encontre de ressortissants américains que de personnes étrangères. L’OFAC est habilité à infliger des sanctions civiles sur la base du principe de responsabilité stricte.
Washington réitère enfin son appel aux autorités congolaises à poursuivre les efforts de neutralisation des FDLR et des groupes qui leur sont affiliés. Les États-Unis exhortent également le Rwanda à retirer ses forces du territoire congolais et à mettre fin à tout soutien au M23, conformément aux engagements prévus dans les Accords de Washington conclus le 4 décembre 2025.
Mongongo News
