Le concert caritatif organisé en faveur des enfants victimes du conflit dans l’est du Congo ne se tiendra plus lundi 7 avril à l’Accor Arena, en France. Paris, qui redoute des actes des violences entre les communautés rwandaise et Rd congolaise résidant dans la ville, demande aux organisateurs de « Solidarité Congo » d’envisager un report pour une autre date.
Se joignant à la maire Anne Hidalgo, le Préfet de Police de Paris, Laurent Nunez « va demander aux organisateurs le report du concert à une autre date (…) eu égard aux risques de troubles à l’ordre public », écrit-il sur X, ce jeudi 27 mars. Il prévient qu’à défaut de ce report sollicité, « la Police lancera une procédure d’interdiction de la tenue de l’événement ».
Dans un communiqué du 25 mars dernier, la maire de Paris avait sollicité auprès du chef de Police l’interdiction du concert de solidarité, sur la base des « tensions existantes entre les communautés rwandaise et congolaise à Paris, résultant de la situation dans la région des Grands-Lacs ». Cette manifestation culturelle devait réunir des artistes musiciens congolais et internationaux, à l’instar de Gims, Fally Ipupa, Dadju, Youssoupha, Gazo, Sidiki Diabaté et tant d’autres.
La tenue de cet événement, organisé dans le but de soutenir les enfants affectés par la crise humanitaire liée à l’agression rwandaise dans l’est de la République démocratique du Congo, a été dynamitée par des réclamations du Rwanda, qui n’a pas hésité de secouer la fameuse bannière du « négationnisme ». Selon les autorités de Kigali, la date choisie pour le concert entre en collusion avec le début des commémorations du génocide rwandais de 1994, qui avait fait près d’un million de victimes, majoritairement des Tutsis.
« Aucune victime ne vaut plus qu’une autre »
L’annulation du concert « Solidarité Congo » est incompréhensible, estime Kinshasa. Le FONAREV – Le Fonds National des Réparations des Victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité –, une organisation publique congolaise, explique que « la date du concert n’a pas été choisie pour diviser, mais en fonction des contraintes logistiques liées à la salle et à la disponibilité des artistes mobilisés bénévolement ». « Il ne s’agit pas d’un acte politique ni d’une provocation, mais d’un geste humanitaire », justifie la RDC.
Par ailleurs, le FONAREV « exprime également sa profonde compassion et sa solidarité envers les victimes du génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda en avril 1994 », a écrit l’établissement dans un communiqué de soutien à la tenue du concert à la date du 7 avril, intitulé « Aucune victime ne vaut plus qu’une autre ».
Le concert-événement « Solidarité Congo » est annulé dans un contexte de tension croissante entre la RDC et le Rwanda, accusé de soutenir des groupes armés qui sèment la violence dans l’est du Congo, dont le M23, un conflit trentenaire qui a déjà coûté la vie à près de 10 millions de Congolais et entrainé environ 7 millions de déplacés.
Félix ISSA / Mongongo
