L'opposant Seth Kikuni à l'audience du 20 novembre 2024. Photo : © 7/7CD
En République démocratique du Congo, c’est une attitude de déception qui règne dans le chef des proches de Seth Kikuni, après le prononcé du verdict en conclusion de son procès. Si le parti politique de l’opposant crie à un « procès politique » qui a conduit à une « farce juridique », sa défense, elle, promet d’aller en deuxième instance.
Kinshasa, jeudi 28 novembre 2024. Le Tribunal de paix de Kinshasa-Gombe a rendu mercredi (27/11) le verdict condamnant Seth Kikuni Masudi à un an d’emprisonnement, à l’issue du procès qui l’opposait au ministère public. L’opposant a été reconnu coupable d’ « incitation à la désobéissance civile et propagation de faux bruits ».
Sa défense, après avoir appris ce jugement, promet d’aller en appel. « Je viens d’apprendre la condamnation à une année de prison de mon client. Sous réserve de sa diligence, je me réserve le droit d’interjeter appel », écrit un membre de son conseil, Maitre Laurent Onyemba sur son X (ex-Twitter).
Dans une déclaration sortie ce jeudi, son parti ‘Piste pour l’émergence’ dénonce un « procès politique » qu’il qualifie de « farce judiciaire », et crie au musellement de l’opposition. Les membres ce parti, qui clament l’innocence de leur leader, restent convaincus que « Monsieur Seth Kikuni est victime d’un procès visant à faire taire toute voix dissidente ».
Kikuni avait été interpellé et mis aux arrêts le 2 septembre 2024, poursuivi pour des propos tenus en août dernier à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, devant les membres de sa formation politique, dans lesquels il avait fortement critiqué le pouvoir en place.
Il y a de cela une semaine, lors de l’audience du 20 novembre dernier, le ministère public avait requis une peine de trois ans de prison et une amende de 950 mille francs congolais pour le candidat malheureux à la présidentielle de 2023.
Et pourtant, « Je n’ai aucun doute que vous allez acquitter Seth Kikuni (…) parce que je pense que si vous choisissez de me condamner, c’est la liberté d’expression, c’est la démocratie, c’est l’opposition que vous allez condamner », avait déclaré l’opposant lors de sa dernière audience.
Félix ISSA / Mongongo
