Fifi Masuka Marie Thérèse, gouverneure de Lualaba a lu le mémorandum des gouverneurs adressé au président de la République Félix Tshisekedi. RDC/Kalemie. Photo : Droits ©Comm Présidence RDC
En République démocratique du Congo, les gouverneurs des vingt-six provinces ont déclaré mercredi leur soutien et accompagnement à la démarche de changement de la Constitution entreprise depuis peu par le président Félix Tshisekedi. Ce débat est actuellement au cœur d’un énorme tollé dans l’arène politique.
Kalemie, mercredi 27 novembre 2024. Peu de temps avant l’ouverture de la 11ème session de la Conférence des gouverneurs de province, les chefs des exécutifs provinciaux réunis au sein d’un collectif ont signé conjointement un mémorandum de soutien unanime au président de la République Félix Tshisekedi et à son initiative visant à doter le pays d’une nouvelle loi fondamentale conforme à ses « réalités actuelles ». D’après ceux-ci, l’actuelle constitution, votée par référendum le 18 février 2006, « comporte beaucoup de faiblesses », qu’ils n’ont pas citées.
Dans cette déclaration lue par la gouverneure de Lualaba, Fifi Masuka Saini, les gouverneurs « invitent la population à soutenir ce changement légitime et salvateur ». Entretemps, l’opinion publique reste divisée quant à la question de changement ou révision de la Constitution.
Mardi (25/11), en plein meeting qu’il a animé, à peine arrivé à Kalemie, capitale provinciale du Tanganyika, Félix Tshisekedi a manifesté sa détermination à impliquer la population dans la réflexion autour de cette question. Devant une foule venue l’écouter, le chef de l’État a laissé entendre que « le moment venu, c’est le peuple qui aura le dernier mot ». Propos interprété dans l’opinion comme annonciateur d’un probable référendum. Voilà qui a amené à croire que l’idée de révision constitutionnelle est dorénavant mise de côté, laissant la place à celle de changement.
Pour l’instant, les forces politiques et sociales de l’opposition, unies en un bloc, restent cabrées sur leur position consistant à dire “non”, et accusent le pouvoir de préparer un “coup d’Etat constitutionnel”. Cette démarche de Tshisekedi rencontre également l’opposition des évêques catholiques de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo), manifestée à travers une sortie médiatique de son secrétaire général, Monseigneur Donatien Nshole. Ce dernier a appelé à une mobilisation générale contre le changement de la Constitution, et recommandé aux acteurs du pouvoir d’améliorer avant tout la situation sociale du peuple.
Mongongo
