La République démocratique du Congo et l’Angola ont réaffirmé leur volonté de faire du corridor de Lobito un « axe structurant d’intégration économique régionale », à l’issue du 3ᵉ Forum économique bilatéral, tenu du 1er au 2 avril à Kinshasa. Si les travaux étaient principalement consacrés au renforcement du commerce transfrontalier entre les deux pays, le développement de ce corridor stratégique s’est imposé comme l’un des points saillants des recommandations finales.
Le corridor de Lobito constitue un axe logistique majeur combinant infrastructures ferroviaires et routières, reliant la ville minière de Kolwezi, dans le sud de la RDC, au port angolais de Lobito, via la Zambie. Ce dispositif vise à acheminer essentiellement les ressources minières vers l’océan Atlantique, à destination des marchés internationaux, notamment européens et américains.
Soutenu par des partenaires internationaux à hauteur d’environ deux milliards de dollars, ce projet est perçu comme un levier clé pour désenclaver les zones de production et renforcer la compétitivité des exportations régionales.
Placée sous le thème « Intégration régionale et développement du commerce transfrontalier », cette troisième édition du Forum économique RDC–Angola avait pour objectif principal de stimuler les échanges formels entre les deux pays.

Les participants (responsables gouvernementaux, opérateurs économiques et experts) ont toutefois relevé plusieurs contraintes structurelles qui entravent cette dynamique. Parmi celles-ci figurent la prédominance du commerce informel, la multiplicité des taxes et barrières administratives, les tracasseries aux frontières, ainsi que l’insuffisance des infrastructures logistiques et le faible niveau de digitalisation des procédures.
Dans ce contexte, les recommandations formulées accordent une place notable au corridor de Lobito, envisagé comme un catalyseur de transformation économique.
Les parties prenantes appellent notamment à une modernisation coordonnée des infrastructures ferroviaires et routières, au développement d’activités minières, industrielles et agro-industrielles le long du corridor, ainsi qu’à une meilleure intégration des communautés locales.
Elles préconisent également le déploiement de plateformes multimodales (rail–route–port) afin d’optimiser les coûts et les délais de transport, tout en renforçant les infrastructures frontalières et logistiques.
Au-delà de cet axe structurant, le forum a mis en lumière la nécessité d’accélérer plusieurs réformes, telles que la digitalisation des services douaniers, la mise en place de postes frontaliers à guichet unique, la lutte contre la fraude et la contrebande, ainsi que des investissements accrus dans le secteur énergétique pour soutenir la croissance des échanges.
Kinshasa et Luanda se sont engagés à assurer un suivi régulier des recommandations issues des travaux, avec en perspective la mise en place progressive d’un espace économique intégré. Les deux parties ont par ailleurs convenu d’avancer vers la signature d’un protocole d’accord sur la coopération économique, impliquant notamment les banques centrales des deux pays.
