La République démocratique du Congo ambitionne de mettre sur le marché entre 15 et 18 tonnes d’or issues de l’exploitation artisanale en 2026. Selon les projections officielles, ces volumes pourraient générer plus de 2,6 milliards de dollars de recettes, à mesure que l’État renforce le contrôle des filières d’exportation et s’emploie à réduire les flux illicites.
DRC Gold Trading SA, entreprise publique spécialisée dans le négoce de l’or artisanal, a annoncé en début d’année la poursuite de l’expansion de son réseau sur l’ensemble du territoire national, avec l’ouverture d’environ huit nouvelles succursales dans les zones aurifères. La plus récente, inaugurée à Lubumbashi (Haut-Katanga), a exporté officiellement sa première production en février dernier.
Issue de la restructuration, en 2024, de Primera Gold DRC — une coentreprise entre l’État congolais et un partenaire des Émirats arabes unis — la société opère actuellement dans plusieurs provinces, notamment le Maniema et le Haut-Uélé. Sa filiale du Sud-Kivu a toutefois cessé ses activités en 2025 en raison de l’occupation de certaines zones par la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda.
Selon des informations publiées par Agence Ecofin et Bankable, de nouveaux bureaux devraient également ouvrir à Mbujimayi (Kasaï Oriental) ainsi qu’à Kinshasa d’ici la fin du mois de mars.
Au-delà de l’objectif économique, cette stratégie vise à mieux capter la valeur de l’or artisanal sur le marché international, dans un contexte marqué par la forte progression des cours de l’or. Plus de quarante acheteurs internationaux auraient déjà manifesté leur intérêt pour s’approvisionner auprès de l’entreprise publique congolaise.
Parallèlement, les autorités congolaises envisagent d’orienter une partie de cette production vers le renforcement des réserves nationales. Dans cette perspective, DRC Gold Trading SA et la Banque Centrale du Congo ont signé, le 22 février, un partenariat prévoyant une fourniture prioritaire d’or à l’institution monétaire.
Cette initiative marque, selon les responsables du projet, la relance d’un dispositif stratégique après près de cinquante ans d’interruption.
« Conformément aux principes de transparence, de traçabilité et de bonne gouvernance, l’or artisanal acquis auprès des creuseurs et des coopératives agréées sera vendu à la Banque Centrale du Congo afin d’alimenter les réserves nationales en or monétaire », a indiqué l’entreprise.
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