Dans une homélie vibrante et sans concession prononcée le dimanche 21 septembre, le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa, a lancé un cri de vérité qui résonne comme un appel à la conscience nationale.
Face à une assemblée recueillie, il a dénoncé avec force les dérives politiques et économiques qui broient les plus faibles, dans un pays où la guerre et la misère semblent devenues des instruments de pouvoir.
« Combien de pauvres ne sont-ils pas sacrifiés sur l’odeur des ambitions politiques ou économiques des puissants ? », a-t-il interrogé, la voix chargée d’émotion.
Le prélat a évoqué les orphelins, les déplacés, les familles brisées par des conflits dont les causes profondes sont, selon lui, essentiellement économiques. Il a fustigé la marchandisation des vies humaines, cette pratique honteuse qui consiste à « acheter les faibles pour un peu d’argent », encore courante dans notre époque.
Mais c’est surtout l’attitude de certains responsables politiques qui a été pointée du doigt. Ceux-là mêmes qui prétendent parler au nom du peuple, mais qui, selon le cardinal, ne pensent qu’à leur confort personnel :
« À quand la rentrée institutionnelle ? », demandent-ils, non pas pour servir, mais pour négocier des salaires, des véhicules, des avantages, pour trinquer aux jeux du pouvoir.
Dans ce tableau sombre, le peuple apparaît comme abandonné, anéanti, livré à son triste sort. L’homélie du cardinal Ambongo n’est pas seulement une dénonciation, mais aussi, c’est un miroir tendu à la nation, un appel à la responsabilité, à la justice, à la dignité humaine.
Alors que la République démocratique du Congo traverse une période de tensions politiques et de crises humanitaires, cette prise de parole du cardinal Ambongo s’inscrit dans une tradition prophétique de l’Église : celle qui refuse de se taire face à l’injustice.
Son message interpelle tous les acteurs dirigeants, citoyens, croyants et rappelle que la vraie grandeur d’un pays ne se mesure pas à la richesse de ses élites, mais à la manière dont il traite ses plus vulnérables.
Etienne Mosengo
