[Illustration] Des membres du groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, sécurisent une rue avant l'arrivée du chef de l'Alliance Fleuve Congo (AFC), une alliance de partis politiques et de groupes armés comprenant le M23, à Goma, en République démocratique du Congo, le 1er février 2025. © 2025 Tony Karumba/AFP
Un an après l’invasion de Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, par la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, le gouvernement congolais annonce le lancement d’un vaste processus de documentation des crimes et violations des droits humains commis dans les zones sous occupation rebelle au Nord et au Sud-Kivu. Selon les autorités, les travaux de compilation et de rédaction débuteront dans les prochains jours.
Lors d’un point de presse tenu le week-end dernier, le 24 janvier, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a précisé que cette initiative sera menée conjointement par son ministère, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ) ainsi que la Nouvelle société civile congolaise. Les travaux s’étendront du 29 janvier au 7 février.
« Nos équipes travaillent déjà à l’évaluation de la situation des droits humains durant douze mois dans ces deux villes, Goma et Bukavu, occupées par le Rwanda et ses supplétifs. Rien ne peut justifier les atteintes portées aux vies des populations, à leurs libertés fondamentales et à leurs biens », a déclaré le ministre.
Les données à collecter reposeront notamment sur les témoignages des victimes, les récits de témoins oculaires, ainsi que sur les rapports des organisations non gouvernementales et des institutions internationales. Parmi ces sources figure notamment le rapport du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH), publié en septembre 2025 et examiné lors d’un dialogue interactif à Genève.
Ces dix jours de travaux intensifs de compilation et d’analyse devraient aboutir à l’élaboration d’une « documentation rigoureuse, crédible et consolidée » des violations enregistrées dans les deux provinces concernées. Présenté par le ministre comme un « document de référence », ce rapport servira à la fois d’outil de plaidoyer, de mémoire collective et de base en vue d’éventuelles poursuites judiciaires.
À la suite de l’offensive du M23 sur Goma, le 27 janvier 2025, le gouvernement congolais avait dressé un bilan faisant état de plus de 7 000 morts et de nombreux blessés. Par ailleurs, plusieurs rapports des Nations unies ont documenté, au cours de l’année écoulée, de graves violations commises contre des civils ainsi que d’anciens militaires et policiers, notamment des exécutions sommaires, des enlèvements, des actes de torture et des violences sexuelles.
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