Dans une déclaration commune faite mercredi 23 avril à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, des défenseurs des droits humains des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu — deux régions durement touchées par une crise sécuritaire persistante depuis plusieurs décennies — se sont réunis pour dénoncer la situation alarmante qui prévaut dans l’Est du pays.
À l’issue de leurs échanges, ils ont dressé un tableau sombre du quotidien des populations locales, qu’ils décrivent comme vivant dans « une prison à ciel ouvert », marquées par le traumatisme, la faim, les tueries, les assassinats ciblés, les enlèvements, les violences sexuelles utilisées comme armes de guerre, la torture, les cambriolages, les pillages systématiques, l’exploitation illicite et la fraude sur les ressources naturelles, ainsi que l’instauration des administrations parallèles.
Ils ont également alerté sur la situation économique des familles, nombreuses à risquer de perdre leurs investissements placés en garantie dans des banques ou institutions de micro-finance, incapables aujourd’hui de rembourser leurs crédits en raison de la paralysie des activités économiques.
« La population du Nord-Kivu et du Sud-Kivu est prise en otage par une crise sécuritaire sans précédent. Certaines zones sont paralysées depuis près de quatre ans, notamment dans le Nord-Kivu, trois mois pour la ville de Goma et deux mois pour celle de Bukavu, engendrant d’énormes pertes économiques pour la RDC au profit du Rwanda », ont-ils déclaré.
Ils déplorent par ailleurs que la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée le 21 février 2025, continue d’être bafouée par le Rwanda et le mouvement M23/AFC.
Les signataires de la déclaration ont lancé un appel pressant aux autorités nationales et à la communauté internationale, exigeant avant tout l’application effective de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations Unies, adoptée le 21 février 2025, qui, selon eux, continue d’être ignorée par le M23/AFC et son soutien rwandais. En outre, ils plaident pour l’ouverture immédiate d’un couloir humanitaire, afin de faciliter l’acheminement de l’aide d’urgence aux populations meurtries, déplacées ou réfugiées, qui vivent dans une précarité croissante.
Par ailleurs, ils invitent le gouvernement congolais à mettre en place des mécanismes incitatifs destinés à orienter les consommateurs finaux de minerais vers des filières transparentes et responsables. Plus précisément, ils recommandent que ces derniers s’approvisionnent directement auprès des chaînes d’exploitation respectant les normes de diligence raisonnable, plutôt que de recourir à des commissionnaires ou intermédiaires illégaux, qui alimentent le cycle de la fraude et du conflit dans l’Est de la RDC.
Enfin, ils insistent sur la nécessité de renforcer la présence et les actions de la MONUSCO, notamment dans la protection des civils, conformément à son mandat, en envisageant un redéploiement vers la province du Sud-Kivu.
Mongongo
