Illustration : Tas de vieux billets de francs congolais. © Droits tiers
En République démocratique du Congo, les comptes des enseignants ont bel et bien été crédités dans le cadre de leur paie des mois de janvier et février 2025 sur toute l’étendue du pays, même dans les zones occupées par les rebelles du M23 et l’armée rwandaise. Selon le gouvernement, la seule difficulté qui se pose pour les professionnels de la craie des régions de Goma, Bukavu et alentours reste l’arrêt des activités bancaires.
Lundi 10 mars, le directeur en charge du suivi de la paie de la Direction nationale de contrôle de la paie et maitrise des enseignants et personnel administratif des établissements scolaires (DINACOPE, ex-SECOPE) a procédé, conjointement avec les représentants des banques payeuses, à l’évaluation de l’effectivité de la paie des enseignants des zones occupées par la coalition M23/AFC/RDF, au moyen des solutions digitales.
« Nous avons passé en revue les difficultés que nos enseignants rencontrent sur terrain pour pouvoir accéder à leurs salaires, nous les avons soumises aux opérateurs de paie et également ils ont recommandé ce qu’il faut faire et donc je pense que pour l’avenir la paie des enseignants dans cette zone sous occupation pourra continuer à se faire selon les solutions digitales ou d’une manière électronique », a déclaré le directeur Hilaire Ekobo de la DINACOPE, cité par le service de communication du ministère de l’Education.
Il a également exprimé sa satisfaction face à l’implication des banques payeuses dans la recherche des solutions face à cette situation. « Vous avez réussi à lancer la paie et nous avons reçu les échos des provinciaux et de nos enseignants qui sont là-bas, que leurs comptes ont été crédités, et donc, pour cela, nous vous remercions pour cet acte de bravoure », a-t-il lancé aux banquiers.
De leur côté, les banques payeuses ont confirmé le recours aux moyens digitaux mis à leur disposition pour assurer la paie des enseignants, à savoir des applications mobiles spécifiques à chaque établissement, mais également les distributeurs automatiques des billets implantés dans la région.
Au cours d’un point de presse, le 4 mars dernier, la ministre d’Etat à l’Education nationale et Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a exprimé sa solidarité envers les enseignants vivant dans la zone en proie au conflit, tout en réaffirmant l’engagement du gouvernement à leur garantir leur paie sans discrimination. Pour elle, « les enseignants sont les mêmes partout ».
Pendant ce temps, les activités scolaires tournent au ralenti dans les zones sous occupation, les effectifs d’apprenants ayant sensiblement baissé dans plusieurs écoles au Nord et au Sud-Kivu, depuis fin janvier. Par ailleurs, la session préliminaire des Examens d’Etat, qui a eu lieu le 7 mars dernier en RDC, a été reportée sine die dans la zone sous le joug rebelle. Selon l’Inspection générale à l’Education nationale, une session spéciale y sera organisée dès que les conditions sécuritaires seront favorables.
Félix ISSA
