Le gouvernement de la République démocratique du Congo a pris acte, vendredi 9 janvier, d’un important projet minier visant à relancer et à redynamiser la production de fer afin de positionner le pays parmi les grands producteurs mondiaux. Baptisée « Mines de fer de la Grande Orientale » (MIFOR), cette initiative ambitionne de porter la production nationale annuelle entre 50 et 300 millions de tonnes de ce métal stratégique, essentiel à la révolution industrielle et au développement des infrastructures.
Kinshasa, 12 janvier 2026 – Lors du dernier Conseil des ministres tenu le vendredi 9 janvier, le ministre des Mines, Louis Watum, a présenté au gouvernement le projet MIFOR, qualifié de crucial. Celui-ci a été conçu dans l’objectif de « structurer, pour la première fois à l’échelle industrielle, la mise en valeur du potentiel du minerai de fer » de la RDC.
Selon le compte rendu de la réunion gouvernementale, le pays dispose d’importantes ressources ferrifères, estimées « entre 15 et 20 milliards de tonnes », avec une teneur supérieure à 60 %. Des chiffres qui placent « le géant de l’Afrique centrale » parmi les grands détenteurs mondiaux de minerai de fer.
« La phase initiale du projet est dimensionnée sur une capacité de production de l’ordre de 50 millions de tonnes par an, extensible jusqu’à 300 millions de tonnes par an, à deux niveaux comparables aux grands bassins ferrifères internationaux », précise la minute de la réunion.
Le projet MIFOR prévoit également la mise en place d’infrastructures adéquates, notamment pour l’extraction du minerai, mais aussi pour l’installation d’unités de transformation industrielle. Il comprend en outre la création d’un corridor logistique multimodal structurant, combinant rail lourd, transport fluvial sur le fleuve Congo et accès au port en eaux profondes de Banana. Aussi prometteur soit-il, le projet nécessitera des investissements conséquents.
« Les études consolidées font apparaître un investissement initial estimé à 28,9 milliards de dollars américains pour la première étape. Le modèle économique projeté sur 25 ans fait ressortir un chiffre d’affaires cumulé supérieur à 679 milliards de dollars, un cash-flow net excédant 308 milliards USD, une valeur actuelle nette négative et un taux de rentabilité interne élevé, traduisant la robustesse du projet dans des hypothèses prudentes du marché », indique le compte-rendu.
Le projet a manifestement retenu l’attention de l’exécutif, qui a décidé de mettre en place une commission interministérielle dédiée, chargée d’en assurer « le pilotage stratégique, la coordination institutionnelle et la structuration progressive ». Il a également « suscité l’intérêt d’investisseurs institutionnels internationaux disposant de capacités reconnues en matière de structuration et de financement de projets macroéconomiques, constituant un signal favorable de bancabilité et de crédibilité internationale, sans préjuger des décisions souveraines de l’État ni créer d’engagement juridique à ce stade ».
Avec MIFOR, la RDC envisage d’intégrer pleinement le fer dans son industrie minière, « après près de 100 ans d’exploitation essentiellement concentrée sur le cuivre et le cobalt ». Sa mise en œuvre pourrait par ailleurs contribuer de manière significative à l’économie nationale, largement soutenue par le secteur minier.
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