Une délégation de députés européens rencontre Julien Paluku, ministre du Commerce extérieur de RDC. 9 mars 025.
L’Union européenne entend mettre en application de nouvelles sanctions plus ambitieuses contre le Rwanda pour son implication dans le pillage des ressources naturelles et l’instabilité dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon le député européen Thierry Mariani, le Luxembourg, qui avait bloqué leur adoption, en février dernier, est revenu à la raison.
« Nous sommes satisfait que le Parlement européen ait pris cette décision sur les sanctions, il reste maintenant à la faire appliquer par le Conseil européen, ce qui devrait être fait, j’espère, à partir du 17 mars, puisque le Luxembourg qui avait bloqué la décision dit maintenant qu’il ne la bloquera pas. Je pense que pour le moment, on est sur le bon chemin », a déclaré dimanche Thierry Mariani, au sortir de la réunion stratégique entre une délégation de députés européens et le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku.
D’après les eurodéputés, la décision du Parlement européen exige l’annulation des accords entre l’Union européenne et le Rwanda, parmi lesquels le mémorandum d’entente sur la chaine des valeurs des matières premières critiques et stratégiques. Mariani a, en outre, critiqué le caractère plutôt déclaratoire que réelle de la traçabilité minière évoquée dans ce mémorandum, affirmant que cette traçabilité n’existe pas.
Des sanctions européennes visent aussi individuellement 9 hautes personnalités du régime de Kigali, mais également le gel de 20 millions d’euros débloqués en novembre dernier dans le cadre de la facilité européenne pour la paix (FEP), pour soutenir l’armée rwandaise déployée au Mozambique.
Kagame, « un dictateur qui envahit le pays voisin »
Pour le député européen Thierry Mariani, le président rwandais, Paul Kagame, « commence à être connu pour ce qu’il est, c’est-à-dire finalement un dictateur qui envahit le pays voisin ». Kagame estime, quant à lui, que les mesures punitives prononcées par la communauté internationale contre le Rwanda et ses dignitaires n’aideront pas à résoudre le conflit dans l’est de la RDC.
Reconnu par plusieurs Etats et organisations de la communauté internationale, pour déployer ses troupes en RDC en appui aux rebelles du M23, le Rwanda multiplie des « fuites en avant », d’après des analystes, pour justifier ses attaques sur le territoire congolais, en évoquant notamment des prétendues « mesures défensives » contre la menace des rebelles rwandais de FDLR, la mauvaise gouvernance en RDC, et la protection des communautés persécutées. Des raisons que le gouvernement congolais balaye d’un revers de la main.
