Tête-à-tête Claudel Lubaya et Joseph Kabila. Décembre 2024. Addis Abeba. ©Droits tiers.
La crise sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo a été au cœur de deux têtes-à-têtes entre l’ancien président Joseph Kabila et deux opposants à l’actuel, Félix Tshisekedi, entre autres Claudel Lubaya et Moïse Katumbi, à Addis Abeba, capitale de l’Ethiopie, respectivement les 16 et 17 décembre, puis le 26 décembre 2024. Nulle part, dans les communiqués finaux sanctionnant ces rencontres, ces « crocos » de l’opposition n’ont mentionné l’implication du Rwanda dans les violences qui secouent cette partie de la RDC. Le pouvoir de Kinshasa en est pourtant quant à lui convaincu.
Kinshasa, lundi 6 janvier 2025. La multiplication des rencontres entre l’ancien président Joseph Kabila avec des figures de l’opposition au régime en place en RDC ne cesse de susciter des vagues de réactions au sein de l’opinion congolaises. Abordant des problématiques clés de la vie nationale, ces personnages politiques n’ont pas ménagé de critiques la gestion du pays par le président de la République Félix Tshisekedi, qu’ils accusent de vouloir « torpiller l’élan démocratique de notre pays par la réinstauration de la dictature ».
« Nous nous sommes résolus d’unir nos efforts et de rassembler les forces vives de la nation afin de défendre le pacte républicain et sauvegarder ainsi les acquis de notre jeune démocratie, héritage d’un processus laborieux empreint de nombreux sacrifices », lit-on dans le communiqué final de la conversation politique entre Kabila et Lubaya, qui a eu lieu à Addis Abeba, le 16 et le 17 décembre derniers.
Abordant la question sécuritaire dans la partie est du pays, les deux personnalités ont déploré une gestion qui « manque de lisibilité et d’efficacité ». « Les limites de cette gestion sont évidentes tant sur les plans militaire, politique, diplomatique que sur l’approche globale (…) Le pouvoir en place porte davantage son choix sur les forces étrangères, les milices et mercenaires au détriment de nos forces armées », ont-ils estimé.
Le 26 décembre 2024, le patron du FCC (Front commun pour le Congo) a également rencontre celui du parti Ensemble pour la République, Moïse Katumbi. Au sortir de cet entretien, les deux opposants ont déclaré que « l’ampleur de cette crise est telle qu’elle a suscité des réactions inattendues de la part de certains qui ont choisi une option radicale pour se faire entendre. Ils expriment leur solidarité envers les populations victimes des choix politiques désastreux du pouvoir en place et saluent les efforts en cours aux niveaux régional et international, notamment dans le cadre des initiatives de Nairobi et de Luanda, visant à ramener la paix en RDC ».

Et d’ajouter :
« Dans cette perspective de résolution pacifique de la crise, ils encouragent les facilitateurs à demeurer attentifs aux revendications des parties en présence et, surtout, des populations congolaises qui aspirent à la paix, à la liberté et à la démocratie, ce dont elles sont largement privées aujourd’hui ».
Ces influences politiques, dans leurs communiqués finaux, n’ont pas mentionné le rôle du Rwanda dans l’agression perpétrée via la rébellion du M23 dans la province du Nord-Kivu. Ces leaders d’opposition ont, par ailleurs exprimé leur ferme désaccord face à toute réforme constitutionnelle envisagée par le pouvoir en place.
Il sied de rappeler que, lors d’une interview d’août 2024, le président Félix Tshisekedi avait laissé entendre que son prédécesseur, Kabila, était derrière l’Alliance Fleuve Congo (AFC), la branche politique de la rébellion du M23 coalisée à l’armée rwandaise (RDF). « Joseph Kabila a carrément boycotté les élections et prépare une insurrection, car l’AFC, c’est lui », avait-il déclaré.
