Illustration : des cadres de l'AFC/M23
Alors que la partie gouvernementale et celle de l’AFC/M23 avaient initialement exprimé leur accord pour participer aux négociations directes de paix de Luanda, ce mardi 18 mars, le groupe armé s’est rétracté la soirée de lundi, à quelques heures seulement du rendez-vous, évoquant comme motif les nouvelles sanctions imposées par l’Union européenne contre certains de ses cadres ainsi que quelques officiers de l’armée rwandaise. « Un faux prétexte pour échapper à la pression » du processus diplomatique, estime un ancien ambassadeur de l’UE en République démocratique du Congo.
« Il n’y a aucun rapport ! Les sanctions de l’Union européenne n’interdisaient nullement l’accueil en Angola d’une délégation du mouvement rebelle M23. C’est un mauvais prétexte pour échapper à la pression de la négociation diplomatique pour trouver une solution de paix en RDC », commente Jean Marc Châtaignier sur son X.
La renonciation de l’AFC/M23 à prendre part aux pourparlers directs dénote d’une mauvaise foi, considérant que le mouvement se revendiquait souvent « en faveur d’une solution politique au conflit », analysent certains observateurs, qui font remarquer que l’intention de la rébellion est loin de s’engager en faveur de la paix dans l’est de la RDC.
Interrogé par la radio Top Congo, Christophe Lutundula, président de la commission « Relations extérieures » du Sénat, pense que le M23 ne pourrait participer au dialogue que dans le cas où il obtient le « feu vert » du président rwandais, Paul Kagame. « C’est pour cela que le président [Tshisekedi, NDLR] les appelle ‘‘pantins’’, pas vraiment pour injurier, mais pour traduire une réalité », justifie-t-il.
Pour l’ancien vice-premier ministre congolais aux Affaires étrangères, le défilement du M23 porte un double avantage pour la RDC. « Le premier, c’est de prouver une fois de plus au monde entier que le président Tshisekedi et l’ensemble de notre peuple, nous somme tous prêts pour la paix et pour combattre pour l’intégrité territoriale et la souveraineté de notre pays. Nous n’avons jamais manqué à aucun rendez-vous qui nous a été fixé par toute bonne volonté, qu’elle soit au niveau des organisations internationales qu’au niveau des médiateurs », affirme-t-il, tout en ajoutant que la deuxième évidence pour la RDC est de dialoguer « pas avec le M23 », mais avec le Rwanda.
Pour l’instant, les négociations directes de paix sont compromises après le désistement de la partie rebelle, alors que celle-ci avait déjà rendu publique une liste de ses cinq représentants à Luanda. La délégation de Kinshasa séjourne quant à elle dans la capitale de l’Angola depuis lundi 17 mars. Sauf l’annonce faite le matin de ce mardi, confirmant que les négociations se tiendraient et que la délégation du M23 ferait le déplacement pour Luanda, la médiation angolaise ne s’est pas encore prononcée sur le devenir des pourparlers.
Mongongo
